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Eglise Catholique: Téléthon : ''non'' au boycott, ''oui
Transmis par Beatrix le 19 décembre 2006 à 15:01:18 Paris, Madrid (2637 lectures)
Sujet Embryon
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Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France, a fait la déclaration suivante le jeudi 7 décembre :
« J’arrive d’un voyage de dix jours au Vietnam et je suis un peu étonné de la polémique qui s’est développée en France autour du Téléthon. Je tiens tout d’abord à dire que l’Eglise catholique n’appelle pas au boycott du Téléthon. Il faut reconnaître à cette initiative et à l’association qui la porte le mérite d’avoir fait connaître à l’opinion publique le drame de la myopathie et d’avoir mobilisé la solidarité de tous.
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Eglise Catholique: Le Téléthon en question
Transmis par Beatrix le 19 décembre 2006 à 14:48:28 Paris, Madrid (2828 lectures)
Sujet Embryon
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Intervention intégrale de Mgr Vingt Trois le 1er décembre 2006
Nos interrogations ne sont pas de circonstance. Nous posons des questions qui concernent l’avenir de l’humanité.
Je sais le soutien et l’espoir que de très nombreuses familles ont trouvés grâce à l’immense générosité mobilisée par le Téléthon. Il a été un puissant élément de dynamisation et a permis de faire sortir de l’anonymat les enfants myopathes et les victimes de maladies orphelines. C’est précisément pourquoi j’estime qu’en raison de l’ampleur de ce phénomène et du poids moral qu’il a acquis dans la société française, on est en droit de poser des questions de fond sur les recherches qui reçoivent un financement.
Or, aujourd’hui, le Téléthon présente comme des " enfants guéris " des enfants issus d’embryons sélectionnés par le diagnostic pré-implantatoire, à la place d’autres enfants qui ne sont pas nés. Guérir n’est pas, loin s’en faut, le synonyme d’empêcher de naître. Et faire quelque chose de bien n’exonère en rien du mal que l’on peut faire par ailleurs.
Nos interrogations ne sont pas de circonstance. Nous posons des questions qui concernent l’avenir de l’humanité. Si nous entrons, comme le redoute le professeur Sicard lui-même, dans un système de généralisation de l’instrumentalisation médicale, ne dira-t-on pas dans un demi-siècle : " Pourquoi l’Eglise s’est-elle tue ? ".
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Eglise Catholique: Rencontre avec les communautés nouvelles (Benoit XVI)
Transmis par Beatrix le 10 juin 2006 à 08:25:45 Paris, Madrid (heure d'été) (3961 lectures)
Sujet Evangile de la vie
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Dans cette homélie, le pape Benoit XVI réfléchit au rapport de la vie, de la liberté et de la responsabilité à la lumière de la Pentecôte.
CÉLÉBRATION DES PREMIERS VÊPRES
LORS DE LA VEILLÉE DE PENTECÔTE
RENCONTRE AVEC LES MOUVEMENTS ECCLÉSIAUX ET
LES COMMUNAUTÉS NOUVELLES
HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI
Place Saint-Pierre
Samedi 3 juin 2006
Chers frères et soeurs!
Vous êtes venus vraiment nombreux ce soir sur la Place Saint-Pierre pour participer à la Veillée de Pentecôte. Je vous remercie de tout coeur. Appartenant à divers peuples et cultures, vous représentez ici tous les membres des Mouvements ecclésiaux et des Communautés nouvelles, spirituellement rassemblés autour du Successeur de Pierre, pour proclamer la joie de croire en Jésus Christ, et renouveler l'engagement d'être ses fidèles disciples à notre époque. Je vous remercie de votre participation et j'adresse à chacun de vous mon salut cordial. Ma pensée affectueuse va, tout d'abord, à Messieurs les Cardinaux, à mes vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce, aux religieux et aux religieuses. Je salue les responsables de vos nombreuses réalités ecclésiales qui montrent combien l'action de l'Esprit Saint est vivante au sein du Peuple de Dieu. Je salue tous ceux qui ont préparé cet événement extraordinaire, et en particulier les personnes qui travaillent au Conseil pontifical pour les Laïcs, avec le Secrétaire, S.Exc. Mgr Josef Clemens, et le Président, Mgr Stanislaw Rylko, à qui je suis également reconnaissant des paroles cordiales qu'il m'a adressées au début de la Liturgie des Vêpres. La rencontre analogue qui eut lieu sur cette même Place, le 30 mai 1998, avec le bien-aimé Pape Jean-Paul II, se présente de manière émouvante à notre mémoire. Grand évangélisateur de notre époque, il vous a accompagnés et guidés au cours de tout son Pontificat; à plusieurs reprises, il a qualifié de "providentielles" vos associations et communautés, en particulier parce que l'Esprit sanctificateur se sert d'elles pour réveiller la foi dans le coeur de si nombreux chrétiens et leur fait redécouvrir la vocation reçue avec le Baptême, en les aidant à être des témoins d'espérance, remplis de ce feu d'amour qui est précisément le don de l'Esprit Saint.
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Eglise Catholique: Discours de Benoit XVI sur la famille (11 mai 06)
Transmis par Beatrix le 20 mai 2006 à 08:16:28 Paris, Madrid (heure d'été) (3919 lectures)
Sujet Dignité humaine
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DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
À L'OCCASION DU XXV ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION
DE L'INSTITUT PONTIFICAL JEAN-PAUL II
POUR LES ÉTUDES SUR LE MARIAGE ET LA FAMILLE
Salle des Bénédictions
Jeudi 11 mai 2006
Messieurs les Cardinaux,
vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,
chers frères et soeurs!
C'est avec une grande joie que je vous rencontre à l'occasion du XXV anniversaire de la fondation, au sein de l'Université pontificale du Latran, de l'Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille. Je vous salue tous avec affection et je vous remercie de la grande affection que vous m'avez démontrée. Je remercie de tout coeur Mgr Livio Melina pour ses aimables paroles et également pour le fait qu'il a abrégé son discours. Nous pourrons lire ce qu'il voulait nous dire, tout en ayant à présent davantage de temps pour nous manifester notre affection.
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Eglise Catholique: XIVe journée des malades 2006 (Benoît XVI)
Transmis par Beatrix le 11 mars 2006 à 17:43:54 Paris, Madrid (3374 lectures)
Sujet Souffrance
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XIV JOURNÉE MONDIALE DU MALADE
MESSE POUR LES MALADES
EN MÉMOIRE DE NOTRE-DAME DE LOURDES
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
AUX MALADES À LA FIN DE LA MESSE
Samedi 11 février 2006
Chers frères et soeurs!
C'est avec une grande joie que je suis venu parmi vous et je vous remercie de votre accueil chaleureux. Mon salut s'adresse de manière particulière à vous, chers malades, qui êtes réunis ici dans la Basilique Saint-Pierre, et je voudrais l'étendre à tous les malades qui nous suivent à travers la radio et la télévision, et à ceux qui n'ont pas cette possibilité, mais qui sont unis à nous par les liens plus profonds de l'esprit, dans la foi et dans la prière. Je salue le Cardinal Camillo Ruini, qui a présidé l'Eucharistie, et le Cardinal Francesco Marchisano, Archiprêtre de cette Basilique vaticane. Je salue les autres Evêques et les prêtres présents. Je remercie l'UNITALSI et l'Oeuvre romaine des pèlerinages, qui ont préparé et organisé cette rencontre, avec la participation de nombreux volontaires. Ma pensée va également de l'autre côté de la planète, en Australie, où, dans la ville d'Adélaïde, a déjà eu lieu depuis quelques heures la célébration qui a constitué le sommet de la Journée mondiale du Malade, présidée par mon Envoyé, le Cardinal Javier Lozano Barragán, Président du Conseil pontifical pour la Pastorale des Services de la Santé.
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Eglise Catholique: Sur le génome humain 2005 (Benoit XVI)
Transmis par Beatrix le 11 mars 2006 à 17:31:59 Paris, Madrid (3359 lectures)
Sujet Thérapie génique
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DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
AUX PARTICIPANTS À LA XX CONFÉRENCE INTERNATIONALE
SUR LE GÉNOME HUMAIN
Samedi 19 novembre 2005
Monsieur le Cardinal,
vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,
Mesdames et messieurs!
J'adresse à tous un salut cordial, avec une pensée de gratitude particulière à l'égard du Cardinal Javier Lozano Barragán, pour les aimables paroles de salut qu'il a prononcées au nom des personnes présentes. Je salue de façon particulière les Evêques et les prêtres qui prennent part à cette Conférence, ainsi que les rapporteurs, qui ont assurément offert ces jours-ci une contribution de qualité sur les problèmes soulevés: leurs réflexions et leurs propositions feront l'objet d'un examen attentif de la part des instances ecclésiales compétentes.
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Eglise Catholique: Dans un hôpital pédiatrique 2005 (Benoît XVI)
Transmis par Beatrix le 11 mars 2006 à 17:24:54 Paris, Madrid (3127 lectures)
Sujet Souffrance
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VISITE À L'HÔPITAL PÉDIATRIQUE "BAMBINO GESÙ"
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
Vendredi 30 septembre 2005
Messieurs les Administrateurs de l'Hôpital et éminentes Autorités!
Chers enfants!
Au terme de ma visite, je suis heureux de m'entretenir avec vous, en vous remerciant de votre accueil cordial. Je suis reconnaissant au Président de cet Hôpital pédiatrique "Bambino Gesù" des paroles qu'il m'a adressées au nom de vous tous, des paroles de foi et de véritable charité chrétienne. Je salue les Présidents de la Région et de la Province, le Maire de Rome et les autres Autorités ici présentes. Ma gratitude va ensuite aux administrateurs, aux Directeurs et aux coordinateurs des Services de l'Hôpital, ainsi qu'aux médecins, aux infirmiers et à tout le personnel. Je m'adresse en particulier à vous avec affection, chers enfants, et à vos familles qui sont à vos côtés avec une grande sollicitude. Je remercie de tout coeur votre représentant qui m'a offert un aimable hommage, au nom de toute la famille du "Bambino Gesú". Je suis proche de chacun de vous et je voudrais vous faire sentir le réconfort et la bénédiction de Dieu. Je désire transmettre les mêmes souhaits à tous ceux qui se trouvent dans les succursales de Palidoro et de Santa Marinella, dont je me sens également très proche.
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Eglise Catholique: Journée italienne pour la vie 2006 (Benoît XVI)
Transmis par Beatrix le 11 mars 2006 à 17:14:10 Paris, Madrid (3059 lectures)
Sujet Evangile de la vie
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BENOÎT XVI
ANGELUS
Place Saint-Pierre
Dimanche 5 février 2006
Chers frères et soeurs!
On célèbre aujourd'hui en Italie la Journée pour la Vie, qui constitue une précieuse occasion de prière et de réflexion sur les thèmes de la défense et de la promotion de la vie humaine, en particulier lorsqu'elle connaît des conditions difficiles. De nombreux fidèles laïcs qui oeuvrent dans ce domaine, et dont certains sont engagés dans le Mouvement pour la Vie, sont présents Place Saint-Pierre. Je leur adresse mon salut cordial, avec une pensée particulière pour le Cardinal Camillo Ruini qui les accompagne, et je renouvelle l'expression de ma reconnaissance pour l'oeuvre qu'ils accomplissent, afin de faire en sorte que la vie soit toujours accueillie comme un don et accompagnée avec amour.
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Eglise Catholique: L'embryon en phase préimplantatoire (Benoît XVI, 2006)
Transmis par Beatrix le 11 mars 2006 à 16:57:07 Paris, Madrid (3611 lectures)
Sujet Embryon
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DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS
INTERNATIONAL SUR L'EMBRYON HUMAIN
PROMU PAR L'ACADÉMIE PONTIFICALE POUR LA VIE
Lundi 27 février 2006
Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,
Mesdames et Messieurs!
J'adresse à tous mon salut respectueux et cordial, à l'occasion de l'Assemblée générale de l'Académie pontificale pour la Vie et du Congrès international, qui vient de commencer, sur "L'embryon humain dans la phase de la préimplantion". Je salue de manière particulière le Cardinal Javier Lozano Barragán, Président du Conseil pontifical pour la Pastorale des Services de la Santé, ainsi que Mgr Elio Sgreccia, Président de l'Académie pontificale pour la Vie, que je remercie des paroles courtoises avec lesquelles il a souligné l'intérêt particulier des thématiques qui sont traitées en cette occasion, et je salue le Cardinal élu, mon ami depuis longtemps, Carlo Caffarra. En effet, le thème d'étude choisi par votre assemblée, "L'embryon humain dans la phase de préimplantation", c'est-à-dire dans les tout premiers jours qui suivent la conception, est une question extrêmement importante aujourd'hui, tant en raison des répercussions évidentes sur la réflexion philosophique, anthropologique et éthique, que des perspectives d'application dans le domaine des sciences bio-médicales et juridiques. Il s'agit, sans aucun doute, d'un argument fascinant, mais difficile et exigeant, en raison de la nature délicate du sujet étudié et de la complexité des problèmes épistémologiques qui concernent le rapport entre l'observation des faits au niveau des sciences expérimentales et la nécessaire réflexion sur les valeurs qui s'ensuit au niveau anthropologique.
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Eglise Catholique: Donner la vie (Congr Doctr Foi, 1987)
Transmis par Beatrix le 19 juillet 2005 à 15:59:08 Paris, Madrid (heure d'été) (2131 lectures)
Sujet Assistance Médicale à la Procréation
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En matière de procréations médicalement assistées, l'Eglise catholique a publié Donum vitae qui est une référence majeure sur ces questions.
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Eglise Catholique: La charte des personnels de santé
Transmis par Beatrix le 19 juillet 2005 à 15:34:20 Paris, Madrid (heure d'été) (2357 lectures)
Sujet Professionnels de santé
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En 1995, publication de la
Charte des personnels de la santé
par le Conseil Pontifical pour la Pastorale des Services de la Santé.
Il s'agit d'un doent de référence majeur : on y trouve une synthèse très complète de l’éthique catholique en matière de santé.
Tous les professionnels de santé devraient la connaître !
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Eglise Catholique: Epitre à Diognète
Transmis par Beatrix le 25 juin 2005 à 12:38:16 Paris, Madrid (heure d'été) (3248 lectures)
Sujet Evangile de la vie
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L’Épître à Diognète est une apologie adressée sous forme de lettre à un païen de haut rang nommé Diognète. Elle semble dater des années 190-200 et fut rédigée peut-être à Alexandrie.
"Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. En effet, ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne se servent pas d’un dialecte extraordinaire, leur vie n’a rien d’étrange. Ce n’est pas à l’imagination ou aux inquiétudes d’esprits agités que leur doctrine doit sa découverte ; ils ne défendent pas, comme tant d’autres, une doctrine humaine. Ils habitent dans les cités grecques et barbares suivant le lot échu à chacun ; ils suivent les usages locaux pour ce qui concerne les vêtements, la nourriture et pour le reste de la vie, tout en manifestant le caractère merveilleux et extraordinaire de leur manière de vivre.
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Eglise Catholique: Les signes de la mort (2005)
Transmis par Beatrix le 27 mai 2005 à 14:05:58 Paris, Madrid (heure d'été) (3306 lectures)
Sujet Fin de vie
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MESSAGE DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE PONTIFICALE DES SCIENCES
Mesdames, Messieurs!
1. J'adresse, à tous, mon salut cordial, exprimant ma satisfaction pour l'oeuvre de l'Académie pontificale des Sciences, qui poursuit son traditionnel engagement d'étude et de réflexion sur les délicates questions scientifiques qui interpellent la société aujourd'hui.
L'Académie pontificale a voulu consacrer cette Session du Groupe d'étude - comme elle l'avait déjà fait à deux reprises au cours des années quatre-vingts - à un thème d'une complexité et d'une importance particulières : celui des "signes de la mort", dans le contexte de la pratique des transplantations d'organes prélevés sur des personnes décédées.
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Eglise Catholique: Cerveau, esprit et cellules souches (2003)
Transmis par Beatrix le 27 mai 2005 à 13:51:29 Paris, Madrid (heure d'été) (2302 lectures)
Sujet Thérapie génique
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DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE PONTIFICALE
DES SCIENCES
Lundi 10 novembre 2003
Chers membres de l'Académie pontificale des Sciences,
Je suis particulièrement heureux de vous saluer aujourd'hui, alors que nous célébrons le 400 anniversaire de l'Académie pontificale des Sciences. Je remercie le Président de l'Académie, M. Nicola Cabibbo, pour les sentiments cordiaux qu'il m'a exprimés en votre nom, et j'accepte avec gratitude le geste attentionné par lequel vous avez voulu commémorer le vingt-cinquième anniversaire de mon Pontificat.
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Eglise Catholique: Le handicap mental (2004)
Transmis par Beatrix le 27 mai 2005 à 13:27:45 Paris, Madrid (heure d'été) (3493 lectures)
Sujet Souffrance
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MESSAGE DU PAPE JEAN PAUL II
AUX PARTICIPANTS AU SYMPOSIUM INTERNATIONAL
SUR LE THÈME
"DIGNITÉ ET DROITS DE LA PERSONNE
ATTEINTE D'UN HANDICAP MENTAL"
1. Vous êtes réunis à Rome, mesdames et messieurs, experts des sciences humaines et théologiques, prêtres, religieux, hommes et femmes laïcs engagés dans la vie pastorale pour étudier les problèmes délicats posés par l'éducation humaine et chrétienne des sujets porteurs de handicap mental. Ce Symposium, organisé par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi se présente comme une conclusion idéale de l'Année européenne des personnes handicapées et se situe dans le sillage d'un enseignement ecclésial désormais très riche et abondant, auquel correspond un engagement réel et vaste du Peuple de Dieu, à divers niveaux et dans ses diverses articulations.
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Eglise Catholique: Discours de JP II sur la nature et la dignité humaine (2002)
Transmis par Beatrix le 20 mai 2005 à 22:12:14 Paris, Madrid (heure d'été) (2336 lectures)
Sujet Dignité humaine
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DISCOURS DU PAPE JEAN PAUL II
AUX PARTICIPANTS À LA VIIIème ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DE L'ACADÉMIE PONTIFICALE POUR LA VIE
Mercredi 27 février 2002
1. Nous voilà à nouveau réunis, chers membres éminents de l'Académie pontificale pour la Vie, pour une rencontre qui constitue toujours pour moi un motif de joie et d'espérance.
Mon salut s'adresse à chacun de vous personnellement avec une grande cordialité. Je remercie en particulier le Président, Monsieur Juan de Dios Vial Correa, des paroles aimables à travers lesquelles il a voulu se faire l'interprète de vos sentiments. J'adresse également une pensée particulière au Vice-Président, S.Exc. Mgr Elio Sgreccia, l'animateur diligent des activités de l'Académie pontificale.
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Eglise Catholique: Discours de JPII pour le 10e anniv de l'Acad pontif pour la Vie (2004)
Transmis par Beatrix le 20 mai 2005 à 21:58:05 Paris, Madrid (heure d'été) (2285 lectures)
Sujet Evangile de la vie
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MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE PONTIFICALE POUR LA VIE
Vénérés Frères,
Mesdames et Messieurs!
1. C'est avec joie que je vous fais parvenir ce Message à l'occasion de la Journée de commémoration du X anniversaire de la fondation de l'Académie pontificale pour la Vie. Je renouvelle à chacun l'expression de ma reconnaissance pour le service compétent que rend l'Académie à la diffusion de l'"Evangile de la vie". Je salue de façon particulière le Président, le Professeur Juan de Dios Vial Correa, ainsi que le Vice-président, Mgr Elio Sgreccia, et tout le Conseil de Direction.
Avec vous, je rends grâce avant tout au Seigneur pour votre précieuse Institution qui s'est ajoutée, il y a dix ans, à d'autres créées après le Concile. Les Organismes doctrinaux et pastoraux du Siège apostolique sont les premiers à bénéficier de votre collaboration en ce qui concerne les connaissances et les informations nécessaires pour les décisions à prendre dans le domaine de la norme morale concernant la vie. C'est ce qui a lieu avec les Conseils pontificaux pour la Famille et pour la Pastorale des Services de la Santé, ainsi qu'en réponse aux sollicitations de la Section pour les Relations avec les Etats de la Secrétairerie d'Etat et de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Et cela peut s'étendre également à d'autres dicastères et Bureaux.
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Eglise Catholique: Discours de JP II sur les états végétatifs (2004)
Transmis par Beatrix le 20 mai 2005 à 21:33:22 Paris, Madrid (heure d'été) (2913 lectures)
Sujet Fin de vie
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DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS INTERNATIONAL
PROMU PAR LA FÉDÉRATION INTERNATIONALE
DES
ASSOCIATIONS DES MÉDECINS CATHOLIQUES
(17-20 MARS 2004, AUGUSTINIANUM)
Samedi 20 mars 2004
Mesdames et Messieurs!
1. Je vous salue cordialement, vous tous qui participez au Congrès international "Life-Sustaining Treatments and Vegetative State: Scientific Advances and Ethical Dilemmas". Je désire adresser un salut particulier à Mgr Elio Sgreccia, Vice-Président de l'Académie pontificale pour la Vie, et à M. Gian Luigi Gigli, Président de la Fédération internationale des Associations des médecins catholiques, et généreux défenseur de la valeur fondamentale de la vie, qui s'est fait aimablement l'interprète des sentiments communs.
Cet important Congrès, organisé avec l'Académie pontificale pour la Vie et la Fédération internationale des Associations des médecins catholiques, affronte un thème d'une grande importance: l'état clinique appelé "état végétatif". Les aspects scientifiques, éthiques, sociaux et pastoraux complexes de cet état nécessitent une profonde réflexion et un dialogue utile entre les disciplines, comme le démontre le programme riche et complexe de vos travaux.
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Eglise Catholique: Discours de JP II sur la régulation naturelle de la fertilité (200
Transmis par Beatrix le 20 mai 2005 à 21:15:20 Paris, Madrid (heure d'été) (2644 lectures)
Sujet Régulation des naissances
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MESSAGE DU PAPE JEAN PAUL II
AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS SUR LE THÈME:
"RÉGULATION NATURELLE DE LA FERTILITÉ ET
CULTURE DE LA VIE"
Mesdames et Messieurs!
1. Je suis heureux de vous faire parvenir une pensée cordiale à tous, participants au Congrès international sur le thème "Régulation naturelle de la fertilité et culture de la vie", qui se déroule à Rome ces jours-ci. Je transmets à chacun mon salut affectueux. J'exprime ma profonde reconnaissance à ceux qui ont collaboré à la réalisation de cette initiative, et en premier lieu au Centre d'études pour la Régulation naturelle de la Fertilité, aux Facultés de Médecine et de Chirurgie des diverses Universités romaines, au Ministère italien de la Santé, à l'Institut italien de Médecine sociale et au Bureau pour la Pastorale universitaire du Vicariat de Rome.
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Eglise Catholique: Discours de JP II sur Biologie, médecine et santé (2001)
Transmis par Beatrix le 20 mai 2005 à 20:58:21 Paris, Madrid (heure d'été) (2297 lectures)
Sujet Dignité humaine
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A l’occasion des Semaines sociales,
Jean Paul II adresse un message sur le thème :
« Biologie, médecine et société »
À Monsieur Michel CAMDESSUS
Président des Semaines sociales de France
Former sa conscience*
1. Vous avez choisi comme thème de la session des Semaines sociales de France de cette année, qui a lieu à Paris du 23 au 25 novembre 2001 : «Biologie, médecine et société, que ferons-nous de l’homme ?». Il est particulièrement opportun d’aborder aujourd’hui de manière nouvelle les questions complexes de la bioéthique, en faisant appel à des spécialistes dans différents domaines du savoir scientifique, technique, philosophique et théologique. En effet, il importe que nos contemporains, souvent troublés et perdus devant les progrès de la science et leurs implications éthiques, soient non seulement informés de toutes les possibilités consenties par la science, mais surtout qu’ils aient les moyens de former leur conscience, en vue de prendre des décisions conformes aux valeurs humaines et morales fondamentales, qui manifestent la place insigne de l’homme dans la création.
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Eglise Catholique: L'avortement provoqué (1974)
Transmis par Beatrix le 14 mai 2005 à 09:41:21 Paris, Madrid (heure d'été) (2583 lectures)
Sujet Avortement
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CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI
DÉCLARATION
QUESTIO DE ABORTU
SUR L'AVORTEMENT PROVOQUÉ
I. – Introduction
1. LE PROBLÈME DE L’AVORTEMENT provoqué et de son éventuelle libéralisation légale est devenu un peu partout le thème de discussions passionnées. Ces débats seraient moins graves s’il ne s’agissait de la vie humaine, valeur primordiale qu’il est nécessaire de protéger et de promouvoir. Chacun le comprend, même si plusieurs cherchent des raisons pour faire servir à ce but contre toute évidence, même l’avortement. On ne peut en effet manquer de s’étonner de voir grandir à la fois la protestation sans menaces contre la peine de mort, contre toute forme de guerre, et la revendication de rendre libre l’avortement, soit entièrement, soit sur des indications de plus en plus élargies. L’Église a trop conscience qu’il appartient à sa vocation de défendre l’homme contre tout ce qui pourrait le dissoudre ou le rabaisser pour se taire sur un tel sujet : puisque le Fils de Dieu s’est fait homme, il n’y a pas d’homme qui ne soit son frère en humanité et ne soit appelé à devenir chrétien, à recevoir de lui le salut.
2. En de nombreux pays, les pouvoirs publics qui résistent à une libéralisation des lois sur l’avortement sont l’objet de pressions puissantes qui visent à les y conduire. Cela, dit-on, ne violerait aucune conscience, puisqu’on laisserait chacun libre de suivre son opinion, tout en empêchant quiconque d’imposer la sienne à autrui. Le pluralisme éthique est revendiqué comme la conséquence normale du pluralisme idéologique. Il y a pourtant loin de l’un à l’autre, parce que l’action touche plus vite les intérêts d’autrui que la simple opinion et qu’on ne peut jamais se réclamer de la liberté d’opinion pour porter atteinte au droit des autres, très spécialement au droit à la vie.
3. De nombreux laïcs chrétiens, spécialement des médecins, mais aussi des associations de pères et de mères de famille, des hommes politiques ou des personnalités placées à des postes de responsabilité, ont vigoureusement réagi contre cette campagne d’opinion. Mais surtout, beaucoup de Conférences épiscopales et d’évêques, en leur propre nom, ont jugé bon de rappeler sans ambiguïté la doctrine traditionnelle de l’Église (1). Ces doents, dont la convergence est frappante, mettent admirablement en lumière l’attitude à la fois humaine et chrétienne de respect de la vie. Il est cependant arrivé que plusieurs d’entre eux rencontrent ici ou là réserve ou même contestation.
4. Chargée de promouvoir et de défendre la foi et la morale dans l’Église universelle (2), la congrégation pour la Doctrine de la foi se propose de rappeler cet enseignement en ses lignes essentielles à tous les fidèles. Ainsi, en illustrant l’unité de l’Église, elle confirmera de l’autorité propre au Saint-Siège ce que les évêques ont heureusement entrepris. Elle compte que tous les fidèles, y compris ceux qu’ont pu ébranler les controverses et les opinions nouvelles, comprendront qu’il ne s’agit pas d’opposer une opinion à d’autres mais de leur transmettre un enseignement constant du Magistère suprême, qui expose la règle des mœurs dans la lumière de la foi (3). Il est donc clair que cette Déclaration ne peut aller sans une grave obligation pour les consciences chrétiennes (4). Dieu veuille éclairer aussi tous les hommes qui cherchent d’un cœur entier à « faire la vérité » (Jn 3, 21).
II. – A la lumière de la foi
5. « Dieu n’a pas fait la mort ; il ne prend pas plaisir à la perte des vivants. » (Sg 1, 13.) Certes, Dieu a créé des êtres qui n’ont qu’un temps et la mort physique ne peut être absente du monde des vivants corporels. Mais ce qui est d’abord voulu, c’est la vie et, dans l’univers visible, tout a été fait en vue de l’homme, image de Dieu et couronnement du monde (Gn 1, 26-28). Au plan humain, « c’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde » (Sg 2, 26) ; introduite par le péché, elle lui reste liée, elle en est à la fois le signe et le fruit. Mais elle ne saurait triompher. Confirmant la foi à la résurrection, le Seigneur proclamera dans l’Evangile que « Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Mt 22, 32), et la mort, comme le péché, sera définitivement vaincue par la résurrection dans le Christ (1 Co 15, 20-27). Aussi comprend-on que la vie humaine, même sur cette terre, soit précieuse. Insufflée par le Créateur (5), c’est par lui qu’elle est reprise (Gn 2, 7 ; Sg 15, 11). Elle reste sous sa protection : le sang de l’homme crie vers lui (Gn 4, 10) et il en demandera compte, « car à l’image de Dieu l’homme a été fait » (Gn 9, 5-6). Le commandement de Dieu est formel : « Tu ne tueras point. » (Ex 20, 13.) En même temps qu’un don, la vie est une responsabilité reçue comme un « talent » (Mt 25, 14-30), elle doit être mise en valeur. Pour la faire fructifier, beaucoup de tâches s’offrent à l’homme en ce monde auxquelles il ne doit pas se soustraire ; mais plus profondément, le chrétien sait que la vie éternelle dépend pour lui de ce qu’avec la grâce de Dieu il aura fait de sa vie sur terre.
6. La tradition de l’Église a toujours considéré que la vie humaine doit être protégée et favorisée dès son début, comme aux diverses étapes de son développement. S’opposant aux mœurs du monde gréco-romain, l’Église des premiers siècles a insisté sur la distance qui, sur ce point, en sépare les mœurs chrétiennes. Dans la Didachè, il est dit clairement : « Tu ne tueras pas par avortement le fruit du sein et tu ne feras pas périr l’enfant déjà né (6). » Athénagoras souligne que les chrétiens tiennent pour homicides les femmes qui utilisent des médecines pour avorter ; il condamne les meurtriers d’enfants, y compris de ceux qui vivent encore dans le sein de leur mère, « où ils sont déjà l’objet des soins de la Providence divine (7) ». Tertullien n’a peut-être pas toujours tenu le même langage ; il n’en affirme pas moins clairement le principe essentiel : « C’est un homicide anticipé que d’empêcher de naître : peu importe qu’on arrache l’âme déjà née ou qu’on la fasse disparaître naissante. Il est déjà un homme celui qui le sera (8). »
7. Tout au long de l’histoire, les Pères de l’Église, ses pasteurs, ses docteurs ont enseigné la même doctrine, sans que les diverses opinions sur le moment de l’infusion de l’âme spirituelle aient introduit un doute sur l’illégitimité de l’avortement. Certes, quand, au Moyen Age, l’opinion était générale que l’âme spirituelle n’était présente qu’après les premières semaines, on a fait une différence dans l’appréciation du péché et la gravité des sanctions pénales ; d’excellents auteurs ont admis, pour cette première période, des solutions casuistiques plus larges, qu’ils repoussaient pour les périodes suivantes. Mais on n’a jamais nié alors que l’avortement provoqué, même en ces premiers jours, fût objectivement une grave faute. Cette condamnation a, de fait, été unanime. Parmi tant de doents, il suffira d’en rappeler quelques-uns. Le premier Concile de Mayence, en 847, reprend les peines établies par les Conciles précédents contre l’avortement et décide que la plus rigoureuse pénitence sera imposée « aux femmes qui provoquent l’élimination du fruit conçu de leur sein (9) ». Le décret de Gratien fait état de ces paroles du Pape Étienne V : « Celui-là est homicide qui fait périr par avortement ce qui était conçu (10). » Saint Thomas, docteur commun de l’Église, enseigne que l’avortement est un péché grave contraire à la loi naturelle (11). Au temps de la Renaissance, le Pape Sixte Quint condamne l’avortement avec la plus grande sévérité (12). Un siècle plus tard, Innocent XI réprouve les propositions de certains canonistes laxistes qui prétendaient excuser l’avortement provoqué avant le moment où d’aucuns fixaient l’animation spirituelle de l’être nouveau (13). De nos jours, les derniers Pontifes romains ont proclamé la même doctrine avec la plus grande netteté : Pie XI a répondu explicitement aux objections les plus graves (14) ; Pie XII a clairement exclu tout avortement direct, c’est-à-dire celui qui est une fin ou un moyen (15) ; Jean XXIII a rappelé l’enseignement des Pères sur le caractère sacré de la vie « qui, dès son début, exige l’action de Dieu créateur (16) ». Tout récemment, le IIe Concile du Vatican, présidé par Paul VI, a très sévèrement condamné l’avortement : « La vie doit être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception : l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables (17). » Le même Paul VI, parlant de ce sujet à plusieurs reprises, n’a pas craint de déclarer que cet enseignement de l’Église « n’a pas changé et qu’il est inchangeable (18) ».
III. - A la lumière conjointe de la raison
8. Le respect de la vie humaine ne s’impose pas aux seuls chrétiens ; la raison suffit à l’exiger en se basant sur l’analyse de ce qu’est et doit être une personne. Constitué par une nature raisonnable, l’homme est un sujet personnel, capable de réfléchir sur soi-même, de décider de ses actes et donc de son propre destin ; il est libre. Il est par conséquent maître de soi, ou plutôt, parce qu’il se fait dans le temps, il a de quoi le devenir, c’est là sa tâche. Immédiatement créée par Dieu, son âme est spirituelle, donc immortelle. Aussi est-il ouvert sur Dieu ; il ne trouvera qu’en lui son accomplissement. Mais il vit dans la communauté de ses semblables, il se nourrit de la communication interpersonnelle avec eux, dans l’indispensable milieu social. Vis-à-vis de la société et des autres hommes, chaque personne humaine se possède elle-même, elle possède sa vie, ses divers biens, par manière de droit : c’est ce qui exige de tous à son égard une stricte justice.
9. Cependant, la vie temporelle menée en ce monde ne s’identifie pas à la personne ; celle-ci possède en propre un niveau de vie plus profond, qui ne peut pas finir. La vie corporelle est un bien fondamental, ici-bas condition de tous les autres ; mais il y a des valeurs plus hautes, pour lesquelles il pourra être légitime ou même nécessaire de s’exposer au péril de la perdre. Dans une société de personnes, le bien commun est pour chacune une fin, qu’elle doit servir, à laquelle elle saura subordonner son intérêt particulier. Mais il n’est pas sa fin dernière, et à ce point de vue, c’est la société qui est au service de la personne, parce que celle-ci n’accomplira son destin qu’en Dieu. Elle ne peut être définitivement subordonnée qu’à Dieu. On ne pourra jamais traiter un homme comme un simple moyen dont on disposerait pour obtenir une fin plus haute.
10. Sur les droits et les devoirs réciproques de la personne et de la société, il appartient à la morale d’éclairer les consciences, au droit de préciser et d’organiser les prestations. Or il y a précisément un ensemble de droits que la société n’a pas à accorder parce qu’ils lui sont antérieurs, mais qu’elle a pour office de préserver et de faire valoir : tels sont la plupart de ceux qu’on appelle aujourd’hui les « droits de l’homme » et que notre époque se fait gloire d’avoir formulés.
11. Le premier droit d’une personne humaine, c’est sa vie. Elle a d’autres biens et certains sont plus précieux, mais celui-là est fondamental, condition de tous les autres. Aussi doit-il être plus que tout autre protégé. Il n’appartient pas à la société, il n’appartient pas à l’autorité publique, quelle qu’en soit la forme, de reconnaître ce droit à certains et non à d’autres : toute discrimination est inique, qu’elle se fonde sur la race, le sexe, la couleur ou la religion. Ce n’est pas la reconnaissance par autrui qui fait ce droit, il la précède ; il exige d’être reconnu, et il est strictement injuste de le refuser.
12. Une discrimination fondée sur les diverses époques de la vie n’est pas plus justifiée que toute autre. Le droit à la vie reste entier chez un vieillard, même très diminué ; un malade incurable ne l’a pas perdu. Il n’est pas moins légitime chez le petit enfant qui vient de naître que chez l’homme mûr. En réalité, le respect de la vie humaine s’impose dès que commence le processus de la génération. Dès que l’ovule est fécondée, se trouve inaugurée une vie qui n’est celle ni du père ni de la mère, mais d’un nouvel être humain qui se développe pour lui-même. Il ne sera jamais rendu humain s’il ne l’est pas dès lors.
13. A cette évidence de toujours (parfaitement indépendante des débats sur le moment de l’animation) (19), la science génétique moderne apporte de précieuses confirmations. Elle a montré que dès le premier instant se trouve fixé le programme de ce que sera ce vivant : un homme, cet homme individuel avec ses notes caractéristiques déjà bien déterminées. Dès la fécondation est commencée l’aventure d’une vie humaine dont chacune des grandes capacités demande du temps pour se mettre en place et se trouver prête à agir. Le moins qu’on puisse dire est que la science actuelle, en son état le plus évolué, ne donne aucun appui substantiel aux défenseurs de l’avortement. Du reste, il n’appartient pas aux sciences biologiques de porter un jugement décisif sur des questions proprement philosophiques et morales, comme celle du moment où est constituée la personne humaine et de la légitimité de l’avortement. Or, du point de vue moral, ceci est certain : même s’il y avait un doute concernant le fait que le fruit de la conception soit déjà une personne humaine, c’est objectivement un grave péché que d’oser prendre le risque d’un meurtre. « Il est déjà un homme celui qui le sera (20). »
IV. - Réponse à quelques objections
14. La loi divine et la raison naturelle excluent donc tout droit de tuer directement un homme innocent. Cependant, si les raisons données pour justifier un avortement étaient toujours manifestement mauvaises et sans valeur, le problème ne serait pas aussi dramatique : sa gravité vient de ce qu’en certains cas, peut-être assez nombreux, en refusant l’avortement, on porte atteinte à des biens importants, auxquels il est normal de tenir, qui peuvent même parfois paraître prioritaires. Nous ne méconnaissons pas ces très grandes difficultés : ce peut être une question grave de santé, parfois de vie ou de mort, pour la mère ; ce peut être la charge que représente un enfant de plus, surtout s’il y a de bonnes raisons de craindre qu’il sera anormal ou demeurera arriéré ; ce peut être le poids que prennent en divers milieux des considérations d’honneur et de déshonneur, de déclassement, etc. Nous proclamons seulement que jamais aucune de ces raisons ne peut donner objectivement le droit de disposer de la vie d’autrui, même commençante ; et, pour ce qui est du malheur futur de l’enfant, personne, pas même le père ou la mère, ne peut se substituer à lui, même s’il est encore à l’état d’embryon, pour préférer en son nom la mort à la vie. Lui-même, en son âge mûr, n’aura jamais le droit de choisir le suicide ; tant qu’il n’est pas en âge de décider de lui-même, ses parents ne peuvent pas davantage choisir pour lui la mort. La vie est un bien trop fondamental pour qu’on le mette ainsi en balance avec des inconvénients même très graves (21).
15. Dans la mesure où le mouvement d’émancipation de la femme vise essentiellement à la libérer de tout ce qui est injuste discrimination, il est parfaitement fondé (22). Il y a, dans les diverses formes de culture, beaucoup à faire sur ce point ; mais on ne peut changer la nature ni soustraire la femme, pas plus que l’homme, à ce que la nature demande d’eux. D’ailleurs, toute liberté publiquement reconnue a toujours pour limites les droits certains d’autrui.
16. Il faut en dire autant de la revendication de liberté sexuelle. Si on entendait par cette expression la maîtrise progressivement acquise de la raison et de l’amour véritable sur les impulsions de l’instinct, sans dépréciation du plaisir, mais en le tenant à sa juste place – et c’est en ce domaine la seule liberté authentique –, il n’y aurait rien à lui objecter ; or, cette liberté-là se gardera toujours d’attenter à la justice. Mais si, au contraire, on entend que l’homme et la femme sont « libres » de rechercher le plaisir sexuel à satiété, sans tenir compte d’aucune loi ni de l’orientation essentielle de la vie sexuelle à ses fruits de fécondité (23), cette idée n’a rien de chrétien ; elle est même indigne de l’homme. De toute façon, elle ne fonde aucun droit de disposer de la vie d’autrui, fût-elle embryonnaire, et de la supprimer, sous prétexte qu’elle est gênante.
17. Les progrès de la science ouvrent et ouvriront de plus en plus à la technique la possibilité d’interventions raffinées dont les conséquences peuvent être très graves, en bien comme en mal. Ce sont des conquêtes en elles-mêmes admirables de l’esprit humain. Mais la technique ne saurait échapper au jugement de la morale, parce qu’elle est faite pour l’homme et doit en respecter les finalités. Pas plus qu’on n’a le droit d’utiliser à n’importe quelle fin l’énergie nucléaire, pas plus on n’est autorisé à manipuler la vie humaine en n’importe quel sens : ce ne doit être qu’à son service, pour mieux assurer le jeu de ses capacités normales, pour prévenir ou guérir les maladies, concourir au meilleur épanouissement de l’homme. Il est vrai que l’évolution des techniques rend de plus en plus facile l’avortement précoce ; l’appréciation morale ne s’en trouve pas modifiée.
18. Nous savons quelle gravité peut revêtir pour certaines familles et pour certains pays le problème de la régulation des naissances : c’est pour cela que le dernier Concile, puis l’encyclique Humanae vitae, du 25 juillet 1968, ont parlé de « paternité responsable (24) ». Ce que nous voulons redire avec force, comme l’ont rappelé la Constitution conciliaire Gaudium et spes, l’encyclique Populorum progressio, et d’autres doents pontificaux, c’est que jamais, sous aucun prétexte, l’avortement ne peut être utilisé ni par une famille ni par l’autorité politique comme un moyen légitime de régulation des naissances (25). L’atteinte aux valeurs morales est toujours pour le bien commun un mal plus grand que n’importe quel inconvénient d’ordre économique ou démographique.
V. - La morale et le droit
19. La discussion morale s’accompagne un peu partout de graves débats juridiques. Il n’y a pas de pays dont la législation n’interdise et ne punisse l’homicide. Beaucoup en outre avaient précisé cette interdiction et ces peines dans le cas spécial de l’avortement provoqué. De nos jours, un vaste mouvement d’opinion demande une libéralisation de cette dernière interdiction. C’est déjà une tendance assez générale que de vouloir restreindre le plus possible toute législation répressive, surtout quand elle paraît entrer dans le domaine de la vie privée. On reprend en outre l’argument du pluralisme : si beaucoup de citoyens, en particulier les fidèles de l’Église catholique, condamnent l’avortement, beaucoup d’autres le tiennent pour licite au moins au titre du moindre mal ; pourquoi leur imposer de suivre une opinion qui n’est pas la leur, surtout dans un pays où ils seraient majoritaires ? Par ailleurs, là où elles existent encore, les lois qui condamnent l’avortement se révèlent difficiles à appliquer : le délit est devenu trop fréquent pour qu’on puisse sévir toujours, et les pouvoirs publics trouvent souvent plus sage de fermer les yeux. Mais garder une loi qu’on n’applique pas ne va jamais sans détriment pour l’autorité de toutes les autres. Il faut ajouter que l’avortement clandestin expose aux plus grands dangers pour leur fécondité future, mais aussi souvent pour leur vie, les femmes qui se résignent à y recourir. Même s’il continue de considérer l’avortement comme un mal, le législateur ne peut-il se proposer d’en limiter les dégâts ?
20. Ces raisons, et d’autres encore que l’on entend de divers côtés, ne sont pas décisives. Il est vrai que la loi civile ne peut vouloir recouvrir tout le domaine de la morale ou punir toutes les fautes ; personne ne le lui demande. Elle doit souvent tolérer ce qui est en définitive un moindre mal pour en éviter un plus grand. Il faut cependant prendre garde à ce que peut représenter un changement de législation. Beaucoup prendront pour une autorisation ce qui n’est peut-être que le renoncement à punir. Bien plus, dans le cas présent, ce renoncement même paraît inclure à tout le moins que la législation ne considère plus l’avortement comme un crime contre la vie humaine, puisque l’homicide reste toujours gravement puni. Il est vrai que la loi n’a pas à trancher entre des opinions ou à imposer l’une plutôt que l’autre. Mais la vie de l’enfant prévaut sur toute l’opinion : on ne peut invoquer la liberté de pensée pour la lui enlever.
21. Le rôle de la loi n’est pas d’enregistrer ce qui se fait, mais d’aider à mieux faire. C’est en tout cas la mission de l’Etat de préserver les droits de chacun, de protéger les plus faibles. Il lui faudra pour cela redresser bien des torts. La loi n’est pas obligée de tout sanctionner mais elle ne peut aller contre une loi plus profonde et plus auguste que toute loi humaine, la loi naturelle inscrite dans l’homme par le Créateur comme une norme que la raison déchiffre et travaille à bien formuler, qu’il faut toujours s’efforcer de mieux comprendre, mais qu’il est toujours mal de contredire. La loi humaine peut renoncer à punir, mais elle ne peut déclarer innocent ce qui serait contraire au droit naturel, car cette opposition suffit à faire qu’une loi ne soit pas une loi.
22. Il doit être en tout cas bien entendu qu’un chrétien ne peut jamais se conformer à une loi en elle-même immorale ; et tel est le cas de celle qui admettrait en principe la licéité de l’avortement. Il ne peut ni participer à une campagne d’opinion en faveur d’une telle loi ni donner à celle-ci son suffrage. Il ne pourra pas davantage collaborer à son application. Il est par exemple inadmissible que des médecins ou des infirmières se trouvent mis dans l’obligation de concourir de façon prochaine à des avortements et doivent choisir entre la loi chrétienne et leur situation professionnelle.
23. Ce qui par contre appartient à la loi, c’est de poursuivre une réforme de la société, des conditions de vie dans tous les milieux, à commencer par les plus défavorisés, pour que soit toujours et partout rendu possible un accueil digne de l’homme à tout enfant venant en ce monde. Aide aux familles et aux mères célibataires, allocations assurées aux enfants, statuts pour les enfants naturels et organisation raisonnable de l’adoption : toute une politique positive est à promouvoir pour qu’il y ait toujours à l’avortement une alternative concrètement possible et honorable.
VI. – Conclusion
24. Suivre sa conscience dans l’obéissance à la loi de Dieu n’est pas toujours la voie facile : cela peut imposer des sacrifices et des fardeaux dont on ne doit pas méconnaître le poids ; il faut parfois de l’héroïsme pour rester fidèle à ses exigences. Aussi devons-nous en même temps souligner que la voie du véritable épanouissement de la personne humaine passe par cette constante fidélité à une conscience maintenue dans la droiture et la vérité et exhorter tous ceux qui en ont les moyens à alléger les fardeaux qui écrasent encore tant d’hommes et de femmes, tant de familles et d’enfants, placés devant des situations humainement sans issue.
25. L’appréciation d’un chrétien ne peut pas se limiter à l’horizon de la vie en ce monde ; il sait qu’en la vie présente une autre se prépare, dont l’importance est telle que c’est d’après elle qu’il faut juger (26). A ce point de vue, il n’y a pas ici-bas de malheur absolu, même l’affreuse peine d’élever un enfant déficient. Tel est le renversement annoncé par le Seigneur : « Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ! » (Mt 5, 5.) C’est tourner le dos à l’Evangile que de mesurer le bonheur à l’absence de peines et de misères en ce monde.
26. Mais cela ne signifie pas qu’on puisse rester indifférent à ces peines et à ces misères. Tout homme de cœur, et certainement tout chrétien, doit être prêt à faire son possible pour y porter remède. C’est la loi de la charité, dont le premier souci doit toujours être d’instaurer la justice. On ne peut jamais approuver l’avortement ; mais il importe par-dessus tout d’en combattre les causes. Cela inclut une action politique et ce sera en particulier le domaine de la loi. Mais il faut en même temps agir sur les mœurs, travailler à tout ce qui peut aider les familles, les mères, les enfants. Des progrès considérables ont été accomplis par la médecine au service de la vie ; on peut espérer qu’ils iront plus loin encore, selon la vocation du médecin, qui n’est pas de supprimer la vie, mais de l’entretenir et de la favoriser au mieux. Il est également souhaitable que se développent, dans des institutions adaptées ou à leur défaut, dans l’élan de la générosité et de la charité chrétienne, toutes formes d’assistance.
27. On ne travaillera efficacement au plan des mœurs que si on lutte également au plan des idées. On ne peut pas laisser se répandre sans la contredire une manière de voir, et plus encore peut-être de sentir, qui considère la fécondité comme un malheur. Il est vrai que toutes les formes de civilisation ne sont pas également favorables aux familles nombreuses ; celles-ci rencontrent des obstacles beaucoup plus grands dans une civilisation industrielle et urbaine. Aussi l’Église a-t-elle insisté ces derniers temps sur l’idée de paternité responsable, exercice d’une véritable prudence, humaine et chrétienne. Cette prudence ne serait pas authentique si elle n’incluait la générosité ; elle doit rester consciente de la grandeur d’une tâche qui est coopération avec le Créateur pour la transmission de la vie, qui donne à la communauté humaine de nouveaux membres et à l’Église de nouveaux enfants. L’Église du Christ a le souci fondamental de protéger et de favoriser la vie. Elle pense certes avant tout à la vie que le Christ est venu apporter : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » (Jn 10, 10.) Mais la vie vient de Dieu à tous ses niveaux et la vie corporelle est pour l’homme l’indispensable commencement. Dans cette vie sur terre, le péché a introduit, multiplié, alourdi la peine et la mort ; mais Jésus-Christ, en prenant sur lui leur fardeau, les a transformées : pour qui croit en lui, la souffrance et la mort même deviennent instruments de résurrection. Dès lors, saint Paul peut dire : « J’estime que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. » (Rm 8, 18) ; et, si nous comparons, nous ajouterons avec lui : « Nos tribulations, légères et d’un moment, nous préparent au-delà de toute mesure un poids éternel de gloire ! » (2 Co 4, 17.)
S. S. Paul VI, au cours de l’audience accordée au soussigné secrétaire de la congrégation pour la Doctrine de la foi, le 28 juin 1974, a ratifié et confirmé cette déclaration sur l’avortement provoqué et a ordonné de la publier.
Donné à Rome, au siège de la congrégation pour la Doctrine de la foi, le 18 novembre 1974, en la fête de la Dédicace des basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul.
Franjo card. ŠEPER,
Préfet
† Jérôme HAMER, O.P., Arch. tit. di Lorium
Secrétaire.
NOTES
(*)CONGREGATIO PRO DOCTRINA FIDEI, Declaratio de abortu procurato, 18 novembris 1974 : AAS 66 (1974) 730-747 ; traduction française de la Salle de presse du Saint-Siège publiée dans DC 71 (1974), 1068-1073. Dans les notes ci-dessous, les références à la DC sont de la rédaction de ce périodique.
(1) On trouvera un certain nombre de doents épiscopaux dans Gr. CAPRILE, Non uccidere. « Il Magistero della Chiesa sull’aborto. » Parte II, p. 47-300, Roma 1973.
(2) Regimini Ecclesiae universae, III, 1, 29. Cf. ibid., 31 (AAS 59 [1967], 897. – DC 1967, n° 1500, col. 1450).
(3) Lumen Gentium, n. 12 (AAS 57 [1965], 16-17). La présente Déclaration n’envisage pas toutes les questions qui peuvent se poser au sujet de l’avortement : il appartient aux théologiens de les examiner et d’en discuter. Elle rappelle seulement quelques principes fondamentaux qui doivent être pour ces théologiens eux-mêmes une lumière et une règle, et pour tous les chrétiens la confirmation de certitudes fondamentales de la doctrine catholique.
(4) Lumen gentium, n. 25 : AAS 57 [1965], 29-31 et DC 1965, n° 1439, col. 72.
(5) Les auteurs sacrés ne font pas de considérations philosophiques sur l’animation, mais ils parlent de la période de la vie qui précède la naissance comme étant l’objet de l’attention de Dieu : il crée et il forme l’être humain, comme le pétrissant de sa main. Il semble que ce thème ait sa première expression dans Jr 1, 5. Il se retrouvera en de multiples autres textes. Cf. Is 49, 13 ; 46, 3 ; Jb 10, 8-12 ; Ps 22, 10 ; 71, 6 ; 139, 13. Dans l’Évangile, nous lisons en saint Luc 1, 44 : « Dès l’instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en mon sein. »
(6) Didachè Apostolorum, Ed. Funk, Patres Apostolici, V, 2. - L’Epître de Barnabé, XIX, 5, utilise les mêmes expressions (Funk, loc. cit., 91-93).
(7) ATHÉNAGOHAS, Plaidoyer pour les chrétiens, 35 : PG 6, 970 – Sources Chrétiennes (= S. C.), 33, p. 166-167.
(8) TERTULLIEN, Apologeti IX, 8 (PL 1, 371-372 : Corp. Christ. I, p. 100, l. 31-36).
(9) Canon 21 (MANSI, 14, p. 909). Cf. le Concile d’Elvire, canon 63 (MANSI, 2, p. 16), et d’Ancyre, canon 21 (ibid., 519). On verra aussi le décret de Grégoire III concernant la pénitence à imposer à ceux qui se rendent coupables de ce crime (MANSI, 12, 292, c. 17),
(10) GRATIEN, Concordantia discordantium canonum, c. 20, C. 2, q. 2. Durant le Moyen Âge, on recourt souvent à l’autorité de saint Augustin qui écrit à ce propos dans le De nuptiis et concupiscentiis, c. 15 : « Parfois cette cruauté libidineuse ou cette libido cruelle vont jusqu’à se procurer des poisons qui rendent stériles. Si le résultat n’est pas acquis, la mère éteint la vie et expulse le fœtus qui était dans ses entrailles de telle sorte que l’enfant meure avant d’avoir vécu ou que, si l’enfant vivait déjà dans le sein maternel, il soit tué avant de naître. » (PL 44, 423-424 : CSEL 33, 619. Cf. le Décret de Gratien, q. 2, C. 32, c. 7).
(11) Commentaire sur les Sentences, livre IV, dist. 31, exposition du texte.
(12) Constitutio Effraenatum en 1588 (Bullarium Romanum, V, 1, p. 25-27 ; Fontes Juris Canonici, I, n. 165, p, 308-311).
(13) Denz.-Sch. 1184. Cf. aussi la Constitution Apostolicae Sedis de Pie IX (Acta Pii IX, V, 55-72 ; ASS 5 [1869], 305-331 ; Fontes Juris Canonici, III, n. 552, p. 24-31).
(14) Encycl. Casti connubii : AAS 22 (1930), 562-565, Denz-Sch. 3719-21 et DC 1930, n° 551, col. 271.
(15) Les déclarations de Pie XII sont expresses, précises et nombreuses ; elles demanderaient à elles seules toute une étude. Citons seulement, parce qu’il formule le principe en toute son universalité, le Discours à l’Union italienne des Médecins Saint-Luc du 12 novembre 1944 : «Tant qu’un homme n’est pas coupable, sa vie est intangible ; est donc illicite tout acte tendant directement à la détruire, soit que cette destruction soit comprise comme fin ou comme moyen en vue de cette fin, soit qu’il s’agisse d’une vie embryonnaire ou dans son plein développement, ou encore déjà arrivée à son terme. » (Discorsi e radiomessaggi, VI, 183 s. – DC 1947, n° 996, col. 967.)
(16) Encycl. Mater et Magistra : AAS 55 (1963), 447 et DC 1961, n° 1357, col. 978.
(17) Gaudium et Spes, 51. – Cf. n. 27 : AAS 58 [1966], 1072 ; cf. 1047 et DC 1966, n° 1464, col. 238.
(18) Alloc. Salutiamo con paterna effusione du 9 décembre 1972 : AAS 64 (1972), 737 et DC 1973, n° 1623, p. 4 et Erratum, p. 160. Parmi les témoins de cette doctrine immuable, on rappellera la déclaration du Saint-Office, condamnant l’avortement direct : ASS 17 [1884], 556 ; 22 [1888-1890], 748 ; Denz.-Sch. 3258.
(19) Cette Déclaration laisse expressément de côté la question du moment de l’infusion de l’âme spirituelle. Il n’y a pas sur ce point de tradition unanime et les auteurs sont encore divisés. Pour les uns, elle date du premier instant ; pour d’autres, elle ne saurait précéder au moins la nidation. Il n’appartient pas à la science de les départager, car l’existence d’une âme immortelle n’est pas de son domaine. C’est une discussion philosophique dont notre affirmation morale reste indépendante pour deux raisons : 1. A supposer une animation tardive, il n’y en a pas moins déjà une vie humaine, préparant et appelant cette âme en laquelle se complète la nature reçue des parents ; 2. Par ailleurs, il suffit que cette présence de l’âme soit probable (et on ne prouvera jamais le contraire) pour que lui enlever la vie soit accepter le risque de tuer un homme, non seulement en attente, mais déjà pourvu de son âme.
(20) TERTULLIEN, cité note 8.
(21) Le cardinal Villot, secrétaire d’Etat, écrivait le 10 octobre 1973 au cardinal Döpfner au sujet de la protection de la vie humaine : « Cependant, pour obvier à de telles situations [douloureuses], [l’Église] ne peut admettre comme moralement licites ni les procédés contraceptifs ni surtout l’avortement. » (Osservatore Romano, éd. Allemande du 26 oct. 1973, p. 3 ; trad. Française dans DC 1974, n° 1646, p. 61.)
(22) Encycl. Pacem in terris : AAS 55 (1963), 267 et DC 1963, n° 1398, col. 520 ; Const. Gaudium et spes, n. 29 : DC 1966, n° 1464, col. 216 ; PAUL VI, Alloc. Salutiamo : AAS 64 (1972), 779 et DC 1973, n° 1623, p. 5.
(23) Gaudium et spes, 48 : « Par sa nature même, l’institution du mariage et l’amour conjugal sont ordonnés à la procréation et à l’éducation qui, tel un sommet, en constituent le couronnement. » De même, n° 50 : « Le mariage et l’amour conjugal sont d’eux-mêmes ordonnés à la procréation et à l’éducation. »
(24) Gaudium et spes, 50 et 51. PAUL VI, encycl. Humanae vitae, n. 10 : AAS 60 [1968], p. 487 et DC 1968, n° 1523, col. 1448. La paternité responsable suppose l’usage des seuls moyens licites de régulation des naissances. Cf. Humanae vitae, n. 14 : ibid., p. 490.
(25) Gaudium et spes, 87 : DC 1966, n° 1464, col. 275 ; PAUL VI, encycl. Populorum progressio, n. 31 : DC 1967, n° 1492, col. 685 ; Alloc. aux Nations Unies : AAS 57 (1965), 883 et DC 1965, n° 1457, col. 1736 ; JEAN XXIII, Mater et Magistra : AAS 53 (1961), p. 445-448 et DC 1961, n° 1357, col. 978.
(26) Le cardinal Villot, secrétaire d’État, écrivait au Congrès mondial des médecins catholiques, conclu à Barcelone le 26 mai 1974 : « Pour ce qui est de la vie humaine, on ne peut certainement pas dire qu’elle est univoque ; elle est bien plutôt un faisceau de vies. On ne peut, sans les mutiler gravement, réduire les domaines de son être qui, dans leur dépendance et dans leur interaction étroites, sont ordonnés les uns aux autres : domaine corporel, domaine affectif, domaine mental, et cet arrière-fond de l’âme où la vie divine, reçue par la grâce, peut s’épanouir par les dons de l’Esprit-Saint. » (Osservatore Romano, 29 mai 1974 - DC 1974, n° 1658, p. 664.)
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Eglise Catholique: Quelques questions d'éthique en matière de sexualité (1975)
Transmis par Beatrix le 10 mai 2005 à 22:06:45 Paris, Madrid (heure d'été) (2507 lectures)
Sujet Sexualité
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CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI
DÉCLARATION
PERSONA HUMANA
SUR CERTAINES QUESTIONS D'ÉTHIQUE SEXUELLE (*)
l. La personne humaine, aux yeux de la recherche scientifique contemporaine, est si profondément affectée par la sexualité que celle-ci doit être tenue pour l’un des facteurs qui donnent à la vie de chacun les traits principaux qui la distinguent. C’est du sexe, en effet, que la personne humaine reçoit les caractères qui, sur le plan biologique, psychologique et spirituel, la font homme et femme, conditionnant par là grandement son acheminement vers la maturité et son insertion dans la société. C’est pourquoi les choses du sexe, comme chacun le peut aisément constater, sont de nos jours un thème fréquemment et ouvertement abordé dans les livres, les revues, les magazines et autres instruments de communication sociale.
Durant ce temps, s’est accrue la corruption des mœurs dont une exaltation sans mesure du sexe est un des plus graves indices ; tandis que, par la diffusion des moyens de communication sociale et des spectacles, cette corruption en est venue à envahir le champ de l’éducation et à infecter la mentalité générale.
Si, dans ce contexte, des éducateurs, des pédagogues ou des moralistes ont pu contribuer à mieux faire comprendre et intégrer dans la vie les valeurs propres à l’un et l’autre sexe, d’autres en revanche ont proposé des conceptions et des modes de conduite contraires aux véritables exigences morales de l’être humain, allant même jusqu’à favoriser un hédonisme licencieux.
Il en est résulté que, même parmi les chrétiens, des enseignements, des critères moraux et des manières de vivre jusque là fidèlement conservés ont été en quelques années fortement ébranlés et nombreux sont ceux qui aujourd’hui, devant tant d’opinions largement répandues en opposition à la doctrine qu’ils ont reçue de l’Eglise, en viennent à se demander ce qu’ils doivent encore tenir pour vrai.
Relâchement des mœurs
2. L’Eglise ne peut demeurer indifférente à cette confusion des esprits et à ce relâchement des mœurs. Il s’agit, en effet, d’une question de la plus haute importance pour la vie personnelle des chrétiens et pour la vie sociale de notre temps.(1)
Chaque jour les Evêques sont amenés à constater les difficultés croissantes qu’éprouvent les fidèles à prendre conscience de la saine doctrine morale, particulièrement en matière sexuelle, ainsi que les pasteurs à l’exposer avec efficacité.
Ils se savent appelés, par leur charge pastorale, à répondre sur ce point si grave aux besoins de leurs fidèles, et déjà des doents importants ont été publiés en cette matière par certains d’entre eux ou par des Conférences épiscopales. Cependant, comme les opinions erronées et les déviations qui en résultent continuent de se répandre en tous lieux, la S. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, de par sa fonction à l’égard de l’Eglise universelle (2) et par mandat du Souverain Pontife, a jugé nécessaire de publier la présente Déclaration.
Une loi immuable
3. Les hommes de notre temps sont de plus en plus persuadés que la dignité et la vocation humaines demandent qu’à la lumière de leur intelligence ils découvrent les valeurs inscrites en leur nature, qu’ils les développent sans cesse et les réalisent dans leur vie en vue d’un progrès toujours plus grand.
Mais, en matière morale, l’homme ne peut porter des jugements de valeur selon son arbitraire personnel : « Au fond de sa conscience l’homme découvre une loi qu’il ne se donne pas à lui-même et à laquelle il doit obéir... Il porte une loi que Dieu a inscrite en son cœur ; sa dignité est de la suivre, et c’est sur elle qu’il sera jugé ».(3)
En outre, à nous chrétiens, Dieu, par sa révélation, a fait connaître son dessein de salut et proposé le Christ, Sauveur et Sanctificateur, en sa doctrine et son exemple, comme la Loi suprême et immuable de la vie, Lui qui a dit : « Je suis la Lumière du monde ; qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie » (Jn 8, 12).
Il ne peut donc y avoir de vraie promotion de la dignité de l’homme que dans le respect de l’ordre essentiel de sa nature. Certes, dans l’histoire de la civilisation, bien des conditions concrètes et des besoins de la vie humaine ont changé et changeront encore ; mais toute évolution des mœurs et tout genre de vie doivent être maintenus dans les limites qu’imposent les principes immuables fondés sur les éléments constitutifs et les relations essentielles de toute personne humaine, éléments et relations qui transcendent les contingences historiques.
Ces principes fondamentaux, que la raison peut saisir, sont contenus dans « la loi divine, éternelle, objective et universelle, par laquelle Dieu, dans son dessein de sagesse et d’amour, règle, dirige et gouverne l’univers ainsi que les voies de la communauté des hommes. De cette loi qui est sienne, Dieu, par une délicate disposition de sa Providence, rend l’homme participant pour qu’il puisse toujours mieux connaître l’immuable vérité ».(4) Cette loi divine est accessible à notre connaissance.
4. C’est donc à tort que beaucoup prétendent aujourd’hui que, pour servir de règle aux actions particulières, on ne peut trouver ni dans la nature humaine ni dans la loi révélée d’autre norme absolue et immuable que celle qui s’exprime dans la loi générale de la charité et du respect de la dignité humaine. Comme preuve de cette assertion, ils avancent que, dans ce qu’on appelle couramment normes de la loi naturelle ou préceptes de la Sainte Ecriture, on ne doit voir que des expressions données d’une forme de culture particulière en un certain moment de l’histoire.
Mais en réalité, la Révélation divine et, dans son ordre propre, la sagesse philosophique, en faisant ressortir des exigences authentiques de l’humanité, manifestent nécessairement, par là même, l’existence de lois immuables inscrites dans les éléments constitutifs de la nature humaine et qui se révèlent identiques en tous les êtres doués de raison.
De plus, le Christ a institué son Eglise comme « colonne et support de la vérité » (1 Tm 3, 15). Avec l’assistance de l’Esprit-Saint, elle conserve sans cesse et transmet sans erreur les vérités de l’ordre moral, et elle interprète authentiquement non seulement la loi positive révélée, « mais aussi les principes de l’ordre moral qui dérivent de la nature humaine elle-même »(5) et qui concernent le plein développement et la sanctification de l’homme. Or, de fait, l’Eglise tout au long de son histoire a constamment tenu un certain nombre de préceptes de la loi naturelle comme ayant une valeur absolue et immuable, et a vu dans leur transgression une contradiction à la doctrine et à l’esprit de l’Evangile.
Finalité de l’acte sexuel dans le mariage légitime
5. Parce que l’éthique sexuelle concerne certaines valeurs fondamentales de la vie humaine et de la vie chrétienne, c’est à elle également que s’applique cette doctrine générale. Il existe en ce domaine des principes et des normes que, sans hésiter, l’Eglise a toujours transmis dans son enseignement, si opposés qu’aient pu leur être les opinions et les mœurs du monde. Ces principes et ces normes ne doivent nullement leur origine à un certain type de culture, mais bien à la connaissance de la loi divine et de la nature humaine. Ils ne peuvent donc être considérés comme périmés ni mis en doute sous le prétexte d’une situation culturelle nouvelle.
Ce sont ces principes qui ont inspiré les conseils et les directives donnés par le Concile Vatican II pour une éducation et une organisation de la vie sociale qui tiennent compte de l’égale dignité de l’homme et de la femme dans le respect de leur différence.(6)
Parlant de « la condition sexuée de l’être humain et de sa faculté de procréer », le Concile a relevé qu’ « elles dépassent admirablement ce qui existe aux degrés inférieurs de la vie ».(7) Puis il s’est attaché particulièrement à exposer les principes et les critères qui concernent la sexualité humaine dans le mariage et qui ont leur fondement dans la finalité de sa fonction spécifique.
Il déclare à ce propos que la bonté morale des actes propres à la vie conjugale, ordonnés selon la véritable dignité humaine, « ne dépend pas uniquement de la sincérité de l’intention et de l’appréciation des motifs, mais doit se déterminer selon des critères objectifs, tirés de la nature de la personne et de ses actes, et qui respectent le sens intégral d’un don réciproque et d’une procréation humaine dans le contexte d’un amour vrai ».(8)
Ces derniers mots résument brièvement la doctrine du Concile, plus amplement exposée auparavant dans la même Constitution, (9) sur la finalité de l’acte sexuel et sur le critère principal de sa moralité: c’est le respect de sa finalité qui assure à cet acte son honnêteté.
Ce même principe, que l’Eglise tient de la révélation divine et de son interprétation authentique de la loi naturelle, fonde aussi sa doctrine traditionnelle, selon laquelle l’usage de la fonction sexuelle n’a son vrai sens et sa rectitude morale que dans le mariage légitime.(10)
Points particuliers
6. La présente Déclaration n’entend pas traiter de tous les abus de la faculté sexuelle ni de tout ce qu’implique la pratique de la chasteté. Elle a pour objet de rappeler la doctrine de l’Eglise sur certains points particuliers, vu l’urgente nécessité de s’opposer à des erreurs graves et à des manières d’agir aberrantes et largement répandues.
Relations pré-conjugales
7. Plusieurs aujourd’hui revendiquent le droit à l’union sexuelle avant le mariage là, du moins, où une intention ferme de se marier et une affection en quelque sorte déjà conjugale dans la psychologie des sujets demandent cet achèvement qu’ils estiment connaturel ; cela surtout quand la célébration du mariage est empêchée par les circonstances ou si cette relation intime paraît nécessaire pour que l’amour soit conservé.
Cette opinion s’oppose à la doctrine chrétienne selon laquelle c’est dans le cadre du mariage que doit se situer tout acte génital de l’homme. Quelle que soit en effet la fermeté du propos de ceux qui s’engagent dans ces rapports prématurés, il demeure que ceux-ci ne permettent pas d’assurer dans sa sincérité et sa fidélité la relation interpersonnelle d’un homme et d’une femme et notamment de les protéger contre les fantaisies et les caprices. Or c’est une union stable que Jésus a voulue et dont il rétablit l’exigence primitive à partir des différences sexuelles : « N’avez-vous pas lu que le Créateur, dès l’origine, les fit homme et femme et qu’il a dit : Ainsi donc l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme et les deux ne feront plus qu ‘une seule chair ? Ainsi ils ne seront plus deux mais une seule chair. Eh bien, ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer » (Cf. Mt 19, 4-6). Saint Paul sera encore plus explicite lorsqu’il montrera que, si des célibataires ou des veuves ne peuvent pas vivre dans la continence, ils n’ont d’autres alternatives que l’union stable du mariage : « il vaut mieux se marier que de brûler (du désir sexuel) » (1 Co 7, 9). Par le mariage, en effet, l’amour des époux est assumé en celui que le Christ porte irrévocablement à l’Eglise (Cf. Ep 5, 25-32), tandis que l’union corporelle dans la débauche (11) pollue le temple de l’Esprit qu’est devenu le chrétien. L’union charnelle n’est donc légitime que si entre l’homme et la femme s’est instaurée, définitive, une communauté de vie.
C’est ce que l’Eglise a toujours compris et enseigné, (12) trouvant d’ailleurs dans la réflexion des hommes et les leçons de l’histoire un accord profond avec sa doctrine.
Nous savons d’expérience que, pour que l’union sexuelle puisse répondre vraiment aux exigences de sa propre finalité et de la dignité humaine, l’amour doit trouver sa sauvegarde dans la stabilité du mariage. Ces exigences appellent un contrat conjugal sanctionné et garanti par la société, contrat qui instaure un état de vie d’importance capitale tant pour l’union exclusive de l’homme et de la femme que pour le bien de leur famille et de la communauté humaine. Le plus souvent, en effet, les relations pré-conjugales excluent la perspective de l’enfant. Ce qu’on représente comme un amour conjugal ne pourra pas, alors qu’absolument il le devrait, s’épanouir en un amour paternel et maternel. Ou, s’il le fait, ce sera au détriment des enfants qui seront privés du milieu stable où ils devraient se développer pour pouvoir y trouver la voie et les moyens de leur insertion dans l’ensemble de la société.
Le consentement que se donnent les personnes qui désirent s’unir en mariage doit donc être extérieurement manifesté et d’une façon qui le rende valable au regard de la société. Quant aux fidèles c’est selon les lois de l’Eglise que doit s’exprimer leur consentement à l’instauration d’une communauté de vie conjugale, consentement qui fera de leur mariage un sacrement du Christ.
Homosexualité
8. De nos jours, à l’encontre de l’enseignement constant du Magistère et du sens moral du peuple chrétien, quelques-uns en sont venus, en se fondant sur des observations d’ordre psychologique, à juger avec indulgence, voire même à excuser complètement, les relations homosexuelles chez certains sujets.
Ils font une distinction — et, semble-t-il, avec raison — entre les homosexuels dont la tendance provenant d’une éducation faussée, d’un manque d’évolution sexuelle normale, d’une habitude prise, de mauvais exemples ou d’autres causes analogues est transitoire ou du moins non incurable, et les homosexuels qui sont définitivement tels par une sorte d’instinct inné ou de constitution pathologique jugée incurable. Or, quant à cette seconde catégorie de sujets, certains concluent que leur tendance est à tel point naturelle qu’elle doit être considérée comme justifiant, pour eux, des relations homosexuelles dans une sincère communion de vie et d’amour analogue au mariage en tant qu’ils se sentent incapables de supporter une vie solitaire.
Certes, dans l’action pastorale, ces homosexuels doivent être accueillis avec compréhension et soutenus dans l’espoir de surmonter leurs difficultés personnelles et leur inadaptation sociale. Leur culpabilité sera jugée avec prudence. Mais nulle méthode pastorale ne peut être employée qui, parce que ces actes seraient estimés conformes à la condition de ces personnes, leur accorderait une justification morale. Selon l’ordre moral objectif, les relations homosexuelles sont des actes dépourvus de leur règle essentielle et indispensable. Elles sont condamnées dans la Sainte Ecriture comme de graves dépravations et présentées même comme la triste conséquence d’un refus de Dieu.(13) Ce jugement de l’Ecriture ne permet pas de conclure que tous ceux qui souffrent de cette anomalie en sont personnellement responsables, mais il atteste que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés et qu’ils ne peuvent en aucun cas recevoir quelque approbation.
Masturbation
9. Fréquemment aujourd’hui on met en doute ou l’on nie expressément la doctrine catholique traditionnelle selon laquelle la masturbation constitue un grave désordre moral. La psychologie et la sociologie, dit-on, démontrent que, surtout chez les jeunes, elle est un phénomène normal de l’évolution de la sexualité. Il n’y aurait de faute réelle et grave que dans la mesure où le sujet céderait délibérément à une auto-satisfaction close sur soi (« ipsation »), car alors l’acte serait radicalement contraire à la communion amoureuse entre des personnes de sexe différent, dont certains prétendent qu’elle est ce qui est principalement recherché dans l’usage de la faculté sexuelle.
Cette opinion contredit la doctrine et la pratique pastorale de l’Eglise catholique. Quoi qu’il en soit de la valeur de certains arguments d’ordre biologique ou philosophique dont se sont servis parfois les théologiens, en fait, tant le Magistère de l’Eglise, dans la ligne d’une tradition constante, que le sens moral des fidèles ont affirmé sans hésitation que la masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné.(14) La raison principale en est que, quel qu’en soit le motif, l’usage délibéré de la faculté sexuelle en dehors des rapports conjugaux normaux contredit essentiellement sa finalité. Il lui manque, en effet la relation sexuelle requise par l’ordre moral, celle qui réalise « le sens intégral d’un don réciproque et d’une procréation humaine dans le contexte d’un amour vrai ».(15) C’est à cette relation régulière que l’on doit réserver tout l’exercice délibéré de la sexualité. Même si l’on ne peut assurer que l’Ecriture réprouve ce péché sous une appellation distincte, la tradition de l’Eglise a compris à juste titre qu’il était condamné dans le Nouveau Testament lorsque celui-ci parle d’« impureté », d’« impudicité » ou d’autres vices contraires à la chasteté et à la continence.
Les enquêtes sociologiques peuvent indiquer la fréquence de ce désordre selon les lieux, la population ou les circonstances qu’elles prennent en observation ; on relève ainsi des faits. Mais les faits ne constituent pas un critère permettant de juger la valeur morale des actes humains.(16) La fréquence du phénomène en question est à mettre, certes, en rapport avec la faiblesse innée de l’homme, suite du péché originel, mais aussi avec la perte du sens de Dieu, la dépravation des mœurs engendrée par la commercialisation du vice, la licence effrénée de tant de spectacles et de publications, ainsi que l’oubli de la pudeur, gardienne de la chasteté.
La psychologie moderne fournit, au sujet de la masturbation, plusieurs données valables et utiles pour formuler un jugement plus équitable sur la responsabilité morale et pour orienter une action pastorale. Elle aide à voir comment l’immaturité de l’adolescence, qui peut parfois se prolonger au-delà de cet âge, le déséquilibre psychique ou l’habitude prise peuvent influer sur le comportement, atténuant le caractère délibéré de l’acte et faire que, subjectivement, il n’y ait pas toujours faute grave. Cependant, en général, l’absence de grave responsabilité ne doit pas être présumée ; ce serait méconnaître la capacité morale des personnes.
Dans le ministère pastoral, pour se former un jugement adéquat dans les cas concrets, on considérera dans sa totalité le comportement habituel des personnes, non seulement quant à la pratique de la charité et de la justice, mais encore quant au souci d’observer le précepte particulier de la chasteté. On verra, notamment, si l’on a bien pris les moyens nécessaires, naturels et surnaturels, que dans son expérience de toujours l’ascèse chrétienne recommande pour dominer les passions et faire progresser la vertu.
La loi morale et le péché
10. Le respect de la loi morale, dans le domaine de la sexualité. ainsi que la pratique de la chasteté ne sont pas peu compromis, surtout chez les chrétiens moins fervents, par la tendance actuelle à réduire à l’extrême, quand ce n’est pas à nier, la réalité du péché grave, du moins dans l’existence concrète des hommes.
Certains vont jusqu’à affirmer qu’il n’y aurait péché mortel, séparant de Dieu, que dans le refus formel directement opposé à l’appel de Dieu, ou dans l’égoïsme qui, complètement et délibérément, se ferme à l’amour du prochain. C’est alors seulement qu’aurait lieu l’option fondamentale, c’est-à-dire la décision qui engage totalement la personne et qui serait requise pour constituer un péché mortel ; par elle l’homme, du fond de sa personnalité, prendrait ou ratifierait une attitude foncière à l’égard de Dieu ou des hommes. Au contraire, les actions appelées périphériques (qui, dit-on, n’impliquent pas, en général, de choix décisif) n’iraient pas jusqu’à changer l’option fondamentale, d’autant moins qu’elles procèdent souvent, observe-t-on, de l’habitude. Elles peuvent donc affaiblir l’option fondamentale mais non point la changer du tout au tout. Or, selon ces auteurs, un changement de l’option fondamentale envers Dieu advient plus difficilement dans le domaine de l’activité sexuelle où, en général, l’homme ne transgresse pas l’ordre moral de manière pleinement délibérée et responsable, mais plutôt sous l’influence de sa passion, de sa faiblesse, de son immaturité, parfois même de l’illusion de témoigner ainsi son amour pour le prochain ; à quoi s’ajoute souvent la pression du milieu social.
En réalité, c’est bien l’option fondamentale qui définit en dernier ressort la disposition morale de la personne, mais elle peut être totalement changée par des actes particuliers, ceux-ci seraient-ils préparés — comme il arrive souvent — par des actes antérieurs plus superficiels. En tout état de cause il n’est pas vrai qu’un seul de ces actes particuliers ne puisse suffire pour qu’il y ait péché mortel.
Selon la doctrine de l’Eglise, le péché mortel qui s’oppose à Dieu ne consiste pas dans la seule résistance formelle et directe au commandement de la charité : il est également dans cette opposition à l’amour authentique incluse en toute transgression délibérée, en matière grave, de chacune des lois morales.
Le Christ a indiqué lui-même le double commandement de l’amour comme fondement de la vie morale. Mais, à ce commandement, « toute la Loi est suspendue ainsi que les Prophètes » (Mt 22, 40) : il comprend donc les autres préceptes particuliers. De fait, au jeune homme qui lui demandait : « Que ferai-je de bon pour posséder la vie éternelle ? », Jésus répondit : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements... : tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne voleras pas, tu ne porteras pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère et tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 19, 16-19).
L’homme pèche donc mortellement, non seulement quand son action procède du mépris direct de l’amour de Dieu et du prochain, mais encore lorsqu’il fait consciemment et librement, pour quelque motif que ce soit, un choix dont l’objet est gravement désordonné. Dans ce choix, en effet, comme il a été dit plus haut, est inclus le mépris du commandement divin : l’homme se détourne de Dieu et perd la charité. Or, selon la tradition chrétienne et la doctrine de l’Eglise, et comme le reconnaît aussi la raison droite, l’ordre moral de la sexualité comporte pour la vie humaine des valeurs si hautes que toute violation directe de cet ordre est objectivement grave. (17)
Il est vrai que dans les fautes d’ordre sexuel, vu leur genre et leurs causes, il arrive plus aisément qu’un libre consentement ne soit pas pleinement donné, ce qui invite à user de précaution dans tout jugement à porter sur la responsabilité du sujet. C’est particulièrement ici le cas de se rappeler cette parole de l’Ecriture : « L’homme voit les apparences, mais Dieu sonde les cœurs » (1 S 16,7). Cependant, recommander cette prudence du jugement sur la gravité subjective d’un acte peccamineux particulier ne signifie nullement tenir que dans le domaine sexuel il ne se commet pas de péchés mortels.
Les pasteurs doivent donc faire preuve de patience et de bonté, mais il ne leur est permis, ni de rendre vains les commandements de Dieu, ni de réduire outre mesure la responsabilité des personnes. « Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes ; mais cela doit toujours être accompagné de la patience et de la bonté dont le Seigneur lui-même à donné l’exemple en traitant avec les hommes. Venu non pour juger mais pour sauver, il fut certes intransigeant avec le mal, mais miséricordieux envers les personnes ».(18)
La vertu de chasteté
11. Comme il a été dit plus haut, la présente Déclaration entend, dans les circonstances actuelles, attirer l’attention des fidèles sur certaines erreurs et actions dont ils doivent se garder. Mais la vertu de chasteté ne se borne pas à éviter les fautes indiquées : elle a aussi des exigences positives et plus hautes. C’est une vertu qui marque toute la personnalité dans son comportement tant intérieur qu’extérieur.
Elle doit qualifier les personnes suivant leurs différents états de vie : les unes, dans la virginité ou le célibat consacré, manière éminente de se livrer plus facilement à Dieu seul d’un cœur sans partage ; (19) les autres, de la façon que détermine pour tous la loi morale et selon qu’elles sont mariées ou célibataires. Mais en tout état de vie, la chasteté ne se réduit pas à une attitude extérieure ; elle doit rendre pur le cœur de l’homme, selon cette parole du Christ : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas l’adultère. Eh bien ! moi je vous dis : quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà, dans son cœur, commis l’adultère avec elle » (Mt 5, 28).
La chasteté est comprise dans cette continence que saint Paul met au nombre des dons du Saint-Esprit, tandis qu’il condamne la luxure comme un vice particulièrement indigne du chrétien et qui exclut du Royaume des cieux (Cf. Ga 5, 19-23 : 1 Co 6, 9-11). « Voici quelle est la volonté de Dieu : c’est votre sanctification ; c’est que vous vous absteniez d’impudicité, que chacun de vous sache user du corps qui lui appartient avec sainteté et respect, sans se laisser emporter par la passion comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu ; que personne en cette matière ne blesse ou ne lèse son frère (...) Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification. Dès lors, qui rejette cela, ce n’est pas un homme qu’il rejette, c’est Dieu, lui qui vous fait le don de son Esprit-Saint » (1 Th 4, 3-8 ; cf. Col 3, 5-7 ; 1 Tim 1, 10). « Quant à la fornication, à l’impureté sous toutes ses formes, ou encore à la cupidité, que leurs noms ne soient même pas prononcés parmi vous : c’est ce qui sied à des saints (...) Car, sachez-le bien, ni le fornicateur, ni l’impudique, ni le cupide — qui est un idolâtre — n’ont droit à l’héritage dans le Royaume du Christ et de Dieu. Que nul ne vous abuse par de vaines raisons : ce sont bien de tels désordres qui attirent la colère de Dieu sur ceux qui lui résistent. N’ayez donc rien de commun avec eux. Jadis vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur ; conduisez-vous en enfants de lumière» (Ep 5, 3-8 ; cf. 4, 18-19).
L’Apôtre précise en outre la raison proprement chrétienne de pratiquer la chasteté, lorsqu’il condamne le péché de fornication, non pas seulement dans la mesure où cette action fait tort au prochain ou à l’ordre social, mais parce que le fornicateur offense le Christ qui l’a racheté de son sang et dont il est membre, et l’Esprit-Saint dont il est le temple : « Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? (...) Tout péché que l’homme peut commettre est extérieur à son corps ; celui qui fornique, lui, pèche contre son propre corps. Ou bien, ne savez-vous pas que votre corps est un temple du Saint-Esprit, qui est en vous et que vous tenez de Dieu ? Et que vous ne vous appartenez pas ? Vous avez été bel et bien achetés ! Glorifiez-donc Dieu dans votre corps » (1 Co 6, 15. 18-20).
Plus les fidèles comprendront la valeur de la chasteté et son rôle nécessaire dans leur vie d’hommes et de femmes, plus il en saisiront, par une sorte d’instinct spirituel, les exigences et les conseils, mieux aussi ils sauront accepter et accomplir, dociles à l’enseignement de l’Eglise, ce que la conscience droite leur commandera dans les cas concrets.
12. L’Apôtre saint Paul décrit en termes poignants le douloureux conflit, à l’intérieur de l’homme esclave du péché, entre la « loi de sa raison » et la « loi de la chair en ses membres » qui le tient captif (Cf. Rm 7, 23). Mais l’homme peut obtenir d’être libéré de son « corps de mort » par la grâce de Jésus-Christ (Cf. Rm 7, 24-25). De cette grâce jouissent les hommes qu’elle a elle-même rendus justes, ceux que la loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus a affranchis de la loi du péché et de la mort (Cf. Rm 8, 2). C’est pourquoi l’Apôtre les adjure : « Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel, de manière à vous plier à ses convoitises » (Rm 6, 12).
Cette libération, tout en rendant apte à servir dans une vie nouvelle, ne supprime pas la concupiscence provenant du péché originel, ni les incitations au mal d’un monde « qui gît au pouvoir du Mauvais » (1 Jn 5, 19). Aussi l’Apôtre encourage-t-il les fidèles à surmonter les tentations dans la force de Dieu (Cf. 1 Co 10, 13) et à « résister aux manœuvres du diable » (Ep 6, 11) par la foi, la prière vigilante (Cf. Ep 6, 16. 18) et une austérité de vie qui réduise le corps au service de l’Esprit (Cf. 1 Co 9, 27).
Vivre la vie chrétienne sur les traces du Christ demande que chacun « renonce à soi-même et se charge de sa croix tous les jours » (Lc 9, 23), soutenu par l’espérance de la récompense : « Car si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous tenons ferme, avec lui nous régnerons » (2 Tm 2, 11-12).
Dans la ligne de ces invitations pressantes, les fidèles doivent aujourd’hui encore, et même plus que jamais, prendre les moyens qui ont toujours été recommandés par l’Eglise pour mener une vie chaste : la discipline des sens et de l’esprit, la prudence attentive à éviter les occasions de chute, la garde de la pudeur, la modération dans les divertissements, de saines occupations, le recours fréquent à la prière et aux sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. La jeunesse, surtout, doit avoir le souci de développer sa piété envers l’Immaculée Mère de Dieu, et se proposer en exemple la vie des Saints et des autres fidèles, en tout premier des jeunes qui se sont distingués par la pratique de la chasteté.
Il importe en particulier que tous aient une haute idée de la vertu de chasteté, de sa beauté et de sa force de rayonnement. Elle fait honneur à l’être humain et le rend capable d’un amour vrai, désintéressé, généreux et respectueux d’autrui.
Devoirs des évêques, des prêtres, des parents et des médias
13. Il appartient aux Evêques d’enseigner aux fidèles la doctrine morale concernant la sexualité, quelles que soient les difficultés que l’accomplissement de cette tâche rencontre dans les idées et les mœurs aujourd’hui répandues. Cette doctrine traditionnelle sera approfondie, exprimée de façon propre à éclairer les consciences face aux situations nouvellement créées, enrichie avec discernement de ce qui peut être dit de vrai et d’utile sur le sens et la valeur de la sexualité humaine. Mais les principes et les normes de vie morale réaffirmés dans la présente Déclaration doivent être fidèlement tenus et enseignés. Il s’agira notamment de faire comprendre aux fidèles que l’Eglise les tient non pas comme des « tabous » invétérés, ni en vertu de quelque préjugé manichéen, ainsi qu’on le prétend souvent, mais parce qu’elle sait avec certitude qu’ils correspondent à l’ordre divin de la création et à l’esprit du Christ, et donc aussi à la dignité humaine.
La mission des Evêques est aussi de veiller à ce que, dans les facultés de théologie et dans les séminaires, soit exposée une saine doctrine à la lumière de la foi et sous la direction du Magistère de l’Eglise. Ils doivent également prendre soin que les confesseurs éclairent les consciences et que l’enseignement catéchétique soit donné dans une parfaite fidélité à la doctrine catholique.
Aux Evêques, aux prêtres et à leurs collaborateurs, il revient de mettre les fidèles en garde contre les opinions erronées fréquemment proposées dans des livres, des revues et des conférences publiques.
Les parents en premier lieu, ainsi que les éducateurs de la jeunesse, s’efforceront de conduire, par une éducation intégrale, leurs enfants et leurs élèves à la maturité psychologique, affective et morale qui convient à leur âge. Ils leur donneront pour cela l’information prudente et adaptée à leur âge et ils formeront assidûment leur volonté aux mœurs chrétiennes, non seulement par des conseils mais surtout par l’exemple de leur propre vie, avec l’aide de Dieu que leur obtiendra la prière. Ils sauront aussi les protéger de tant de dangers dont les jeunes ne se doutent pas.
Les artistes, les écrivains et tous ceux qui disposent des moyens de communication sociale doivent exercer leur profession en accord avec leur foi chrétienne, conscients de l’énorme influence qu’ils peuvent avoir. Ils se souviendront que « le primat de l’ordre moral objectif s’impose à tous de façon absolue » (20), et que l’on ne peut lui préférer un but prétendu esthétique, un avantage matériel ou le succès. Qu’il s’agisse de création artistique ou littéraire, de spectacles ou d’informations, chacun dans son domaine fera preuve de tact, de discrétion, de modération et d’un juste sens des valeurs. Ainsi, loin d’ajouter encore à la licence croissante des mœurs, ils contribueront à l’enrayer et même à assainir le climat moral de la société.
Pour leur part, tous les fidèles laïcs, en vertu de leur droit et de leur devoir d’apostolat, auront à cœur d’agir dans le même sens.
Il importe enfin de rappeler à tous ces paroles du Second Concile du Vatican : « Le Saint Concile déclare que, pour les enfants et les adolescents, c’est un droit d’être activement aidés à porter avec une conscience droite un jugement sur les valeurs morales et à les adopter par une adhésion personnelle ; ainsi qu’à progresser dans la connaissance et l’amour de Dieu. Aussi demande-t-il instamment à tous ceux qui gouvernent les peuples ou qui sont responsables de l’éducation de veiller à ce que jamais la jeunesse ne soit frustrée de ce droit sacré ».(21)
Au cours de l’audience accordée le 7 novembre 1975 au Préfet, soussigné, de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Souverain Pontife, par la Providence divine, pape Paul VI a approuvé cette Déclaration « Sur quelques questions d’éthique sexuelle », l’a confirmée et en a ordonné la publication.
Donné à Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 29 décembre 1975.
Franjo card. ŠEPER,
Préfet
† Jérôme HAMER, O.P., Arch. tit. di Lorium
Secrétaire.
NOTES
(*) S. Congregatio pro Doctrina Fidei, Declaratio de quibusdam quaestionibus ad sexualem ethicam spectantibus, 29 dec. 1975 : AAS 68 (1976) 77-96 ; texte officiel français dans DocCath 73 (1976), pp. 108-114.
(1) Cf. Conc. Vat. II, Const. Gaudium et Spes, n. 47 : AAS 58 (1966), p. 1067.
(2) Cf. Const. Apost. Regimini Ecclesiae Universae, 15 août 1967. n. 29 : AAS 59 (1967), p.897.
(3) Gaudium et Spes, n.16 : AAS 58 (1966), p.1037.
(4) CONC. VAT. II. Déclar. Dignitatis Humanae, n. 3 : AAS 58 (1966), p. 931.
(5) Dignitatis Humanae, n. 14 : AAS 58 (1966), p. 940 ; cf. PIE XI, Enc. Casti Connubii, 31 déc. 1930 : AAS 22 (1930), pp. 579-580 : PIE XII, Alloc. 2 nov. 1954 : AAS 46 (1954), pp. 671-672 ; JEAN XXIII. Enc. Mater et Magistra, 15 mai 1961 : AAS 53 (1961), p.457 : PAUL VI, Enc. Humanae Vitae, 25 juillet 1968, n.4 : AAS 60 (1968), p.483.
(6) Cf. CONC. VAT. II, Déclar. Gravissimum Educationis, nn. 1, 8 : AAS 58 (1966), pp. 729-730 ; 734-736. Gaudium et Spes, nn. 29, 60, 67 : AAS 58 (1966), pp. 1048-1049 ; 1080-1081 ; 1088-1089.
(7) Gaudium et Spes, n. 51 : AAS 58 (1966), p. 1072.
(8) Ibid., cf. aussi n. 49 : l. c., pp. 1069-1070.
(9) Ibid., nn. 49, 50 : l. c., pp.1069-1072.
(10) La présente Déclaration ne s’étend pas davantage sur les normes morales de la vie sexuelle dans le mariage : elles ont été clairement enseignées dans les Encycliques Casti Connubii et Humanae Vitae.
(11) L’union sexuelle hors du mariage est formellement condamnée : 1 Co 5, 1 ; 6, 9 ; 7, 2 ; 10, 8 ; Ep 5, 5 ; 1 Tim 1, 10 ; He 13, 4 ; et, avec des raisons explicites : 1 Co 6, 12-20.
(12) Cf. INNOCENT IV, Ep. sub catholicae professione, 6 mars 1254 : DS 835 : PIE II, Propos. damn. in Ep. sicut accepimus, 14 nov. 1459 : DS 1367 : Décrets du S. Office, 24 sept. 1665 : DS 2045 ; 2 mars 1679 : DS 2148 ; PIE XI. Enc. Casti Connubii, 31 déc. 1930 : AAS 22 (1930), pp. 558-559.
(13) Rm 1, 24-27 : « Aussi Dieu les a-t-il livrés selon les convoitises de leur cœur à une impureté où ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps : eux qui ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, adoré et servi la créature de préférence au Créateur, qui est béni éternellement. Amen. Aussi Dieu les a-t-il livrés à des passions avilissantes : car leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature : pareillement les hommes délaissant l’usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, perpétrant l’infamie d’homme à homme et recevant en leurs personnes l’inévitable salaire de leurs égarements ». Voir aussi ce que dit S. Paul des « masculorum concubitores » en 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10.
(14) Cf. LÉON IX, Ep. Ad splendidum nitentis, année 1054 : DS 687-688 : Décret du S. Office, 2 mars 1679 : DS 2149 ; PIE XII, Alloc. 8 oct. 1953 : AAS 45 (1953), pp. 677-678 ; 19 mai 1956 : AAS 48 (1956), pp. 472-473.
(15) Gaudium et Spes, n.51 : AAS 58 (1966), p.1072.
(16) « Si les enquêtes sociologiques nous sont utiles pour mieux connaître la mentalité ambiante, les préoccupations et les besoins de ceux auxquels nous annonçons la parole de Dieu, comme aussi les résistances que lui oppose la raison moderne, avec le sentiment largement répandu qu’il n’existerait, hors de la science, aucune forme légitime de savoir, les conclusions de telles enquêtes ne sauraient constituer par elles-mêmes un critère déterminant de vérité » (PAUL VI, Exhort. Apostol. Quinque iam anni, 8 décembre 1970 : AAS 63 [1971], p. 102).
(17) Cf. supra. notes (17). (19) ; Décret du S. Office, 18 mars 1666 : DS 2060 ; PAUL VI, Enc. Humanae Vitae, nn. 13. 14 : AAS 60 (1968), pp. 489-490.
(18) PAUL VI, Enc. Humanae Vitae, n.29 : AAS 60 (1968), p.501.
(19) Cf. 1 Co 7, 7. 34 ; Conc. de Trente, Sess. XXIV, can. 10 : DS 1810 ; Conc. Vat. II, Const. Lumen Gentium, nn. 42, 43, 44 : AAS 57 (1965), pp. 47-51 : Synode des Evêques, De sacerdotio ministeriali, pars II, 4, b : AAS 63 (1971), pp. 915-916.
(20) CONC. VAT. II, Décret Inter Mirifica, n. 6 : AAS 56 (1964), p. 147.
(21) CONC. VAT. II, Déclaration Gravissimum Educationis, n. 1 : AAS 58 (1966), p. 730.
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Eglise Catholique: Déclaration sur l'euthanasie (1980)
Transmis par Beatrix le 08 mai 2005 à 22:59:07 Paris, Madrid (heure d'été) (2246 lectures)
Sujet Fin de vie
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CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI
DÉCLARATION "IURA ET BONA" SUR L'EUTHANASIE
ET SUR S'OBSERVATION D'UN USAGE THÉRAPEUTIQUE
DROIT ET PROPORTIONNÉ DES MÉDICAMENTS ANALGÉSIQUES (*)
Introduction
LES DROITS ET LES VALEURS attachés à la personne humaine tiennent une place importante dans la problématique contemporaine. A ce propos, le deuxième Concile du Vatican a réaffirmé l’éminente dignité de la personne humaine et tout spécialement son droit à la vie. Aussi a-t-il dénoncé les crimes contre la vie « comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie et aussi le suicide délibéré » (Const. past. Gaudium et spes, n. 27.).
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Eglise Catholique: Pastorale des personnes homosexuelles (1986)
Transmis par Beatrix le 08 mai 2005 à 22:41:45 Paris, Madrid (heure d'été) (2365 lectures)
Sujet Homosexualité
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CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI
LETTRE AUX ÉVÊQUES DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE
SUR LA PASTORALE À L'ÉGARD
DES PERSONNES HOMOSEXUELLES (*)
1. La question de l'homosexualité et de l'appréciation morale des actes homosexuels est de plus en plus débattue publiquement, même dans des milieux catholiques. Dans cette discussion, souvent on avance des arguments et exprime des positions non conformes à la doctrine de l'Eglise catholique, qui provoquent des justes préoccupations chez tous ceux qui sont engagés dans le ministère pastoral. Aussi notre Congrégation a-t-elle estimé le problème si grave et répandu qu'il justifiait cette Lettre sur la pastorale à l'égard des personnes homosexuelles à tous les Evêques de l'Eglise catholique.
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Eglise Catholique: A propos des projets de reconnaissance des unions homosexuelles (2003)
Transmis par Beatrix le 08 mai 2005 à 15:31:39 Paris, Madrid (heure d'été) (2280 lectures)
Sujet Homosexualité
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CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI
CONSIDÉRATIONS
À PROPOS DES PROJETS
DE RECONNAISSANCE JURIDIQUE
DES UNIONS ENTRE PERSONNES
HOMOSEXUELLES
INTRODUCTION
1. A maintes reprises, le Pape Jean-Paul II et les Dicastères compétents du Saint-Siège (1) ont abordé récemment des problèmes qui concernent l'homosexualité. Il s'agit d'un phénomène moral et social inquiétant, même dans les pays où il n'assume pas un relief du point de vue du système juridique. Il l'est encore plus dans les pays qui ont déjà accordé une reconnaissance légale aux unions homosexuelles ou qui entendent le faire, en y incluant même dans certains cas, la capacité d'adopter des enfants. Les présentes considérations ne contiennent rien de nouveau du point de vue doctrinal. Elles entendent rappeler les éléments essentiels sur ce problème et fournir des argumentations de caractère rationnel, qui seront utiles aux Évêques pour la rédaction d'interventions plus spécifiques, selon les situations particulières des différentes régions du monde. Ces interventions seront destinées à protéger et à promouvoir la dignité du mariage, fondement de la famille, ainsi que la solidité de la société dont cette institution est une partie constitutive. Leur but est aussi d'éclairer l'action des hommes politiques catholiques pour lesquels elles indiqueront les lignes de conduite conformes à la conscience chrétienne quand ils seront confrontés à des projets de loi concernant ce problème.(2) Comme il s'agit d'une matière qui concerne la loi morale naturelle, ces argumentations ne sont pas proposées seulement aux croyants, mais aussi à tous ceux qui sont engagés dans la promotion et dans la défense du bien commun de la société.
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Eglise Catholique: Le regard catholique sur les soins dispensés en fin de vie
Transmis par Beatrix le 08 mai 2005 à 08:43:00 Paris, Madrid (heure d'été) (2070 lectures)
Sujet Fin de vie
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Introduction :
4 remarques pour commencer :
1ère remarque :
Dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique , il existe un encouragement explicite à l’usage des soins palliatifs dans l’accompagnement des personnes souffrantes ou parvenues au terme de leur existence.
Pourtant, l’Eglise ne revendique pas les soins palliatifs comme une démarche qui lui serait exclusive. Elle se réjouit au contraire de ce que des personnes, qui ne croient pas en Dieu ou qui ont une religion différente, aient le souci de soulager la souffrance d’autrui.
Il y a là une démarche profondément humaine, indépendante des convictions philosophiques ou religieuses, dont personne ne peut se prévaloir d’un monopole.
Cela étant dit, il serait très inquiétant que les chrétiens ne soient pas présents eux aussi dans cette démarche qui répond à une vocation profonde de service des plus pauvres et des plus fragiles. Si le chrétien n’était pas proche des souffrants, il serait en grave contradiction avec sa foi.
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Eglise Catholique: JP II pour la 7ème journée mondiale des malades (1999)
Transmis par Beatrix le 21 mars 2005 à 21:28:14 Paris, Madrid (1878 lectures)
Sujet Souffrance
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MESSAGE
DU SAINT PÈRE
POUR LA VII JOURNÉE MONDIALE DU MALADE
Très chers frères et sœurs!
1. Selon une tradition désormais bien établie, la prochaine Journée mondiale du Malade, le 11 février 1999, sera célébrée de la façon la plus solennelle dans un important sanc-tuaire marial.
Le choix du Sanctuaire de Notre-Dame de Harissa, sur la colline qui domine Beyrouth prend, en raison des circonstances de temps et de lieu, des significations multiples et profondes. La terre qui abrite ce sanctuaire est le Liban qui, comme j'ai déjà eu l'occasion de le remarquer, «représente davantage qu'un pays; il est un message et un modèle pour l'Orient et l'Occident» (Rome, 7 septembre 1989. In Insegnamenti di Giovanni Paolo II, XII/2, p. 176).
Du Sanctuaire de Harissa, la statue bienveillante de la Bienheureuse Vierge Marie regarde la côte méditerranéenne, si proche de la terre sur laquelle Jésus passait en «proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur parmi le peuple» (Mt 4, 23). Non loin de là, se trouve la région où sont conservés les corps des martyrs saints Côme et Damien, qui, accueillant le mandat du Christ «d'annoncer le Royaume et de guérir les malades» (Lc 9, 2), l'accomplirent avec tant de générosité qu'ils méritèrent le titre de saints médecins anargyres: ils exerçaient en effet la médecine sans rétribution.
L'année 1999, dans le cadre de la préparation au grand Jubilé de l'An 2000, sera consacrée par l'Eglise universelle à une réflexion plus attentive sur Dieu le Père. Dans sa première lettre, l'Apôtre Jean nous rappelle que «Dieu est amour» (4, 8.16). Comment la réflexion sur ce mystère pourrait-elle ne pas raviver les vertus théologales de la charité, sous son double visage d'amour envers Dieu et les frères?
2. Dans cette perspective, l'option préférentielle de l'Eglise pour les pauvres et pour ceux qui souffrent dans leur corps et leur esprit prendra, au seuil de la fin du second millénaire de l'ère chrétienne, le caractère d'un «chemin d'authentique conversion à l'Evangile». Cela ne manquera pas de susciter une recherche croissante de l'unité entre les hommes, pour construire la civilisation de l'amour (cf. Lett. ap. Tertio millennio adveniente, nn. 50-52), sous le signe de la Mère de Jésus, «exemple parfait de l'amour envers Dieu et envers le prochain» (Ibid., n. 54).
Quel lieu de la terre, pourrait-il mieux que le Liban, représenter aujourd'hui un symbole d'unité entre les chrétiens et de rencontre entre tous les hommes dans la communion de l'amour? En effet, la terre libanaise est non seulement un lieu de coexistence entre les communautés catholiques de diverses traditions et entre les diverses communautés chrétiennes, mais également le carrefour de multiples religions. Comme tel, elle peut tout à fait servir de laboratoire pour «construire ensemble un avenir de convivialité et de collaboration, en vue du développement humain et moral» des peuples (Exhort. apos. post-synodale Une espérance nouvelle pour le Liban, n. 93).
La Journée mondiale du Malade, qui atteindra son point culminant précisément au Liban, appelle l'Eglise universelle à s'interroger sur son service à l'égard de cette condition qui, mettant en lumière plus qu'aucune autre les limites et la fragilité des créatures humaines, sollicite également leur solidarité réciproque. Cette Journée devient ainsi un moment privilégié de référence au Père et de rappel nécessaire du commandement primordial de l'amour, de l'observance duquel nous seront tous appelés à rendre compte (cf. Mt 25, 31-46). Le modèle auquel s'inspirer est indiqué par Jésus lui-même dans la figure du Bon Samaritain, parabole-clé pour la pleine compréhension du commandement de l'amour envers le prochain (cf. Lc 10, 25-37).
3. La prochaine Journée mondiale du Malade doit ainsi s'inscrire dans le cadre d'une sensibilité particulière pour le devoir de la charité, que la rencontre de réflexion, d'étude et de prière au Sanctuaire de Notre-Dame de Harissa — but de pèlerinage de toutes les communautés libanaises chrétiennes des diverses Eglises et également de pieux musulmans — ne manquera pas de souligner. C'est ainsi que prendra davantage d'acuité le besoin d'unité à travers cet «œénisme des œuvres» qui, grâce à l'attention aux malades, aux personnes souffrantes, aux exclus, aux pauvres et à ceux qui manquent de tout, est la plus urgente, et dans le même temps la moins compliquée des voies œéniques, comme l'expérience le démontre désormais. Sur cette voie, il sera non seulement possible de rechercher la «pleine unité» entre ceux qui professent la confession chrétienne, mais également de s'ouvrir au dialogue interreligieux dans un lieu comme le Liban, où des croyances religieuses diverses «ont en commun un certain nombre de valeurs humaines et spirituelles incontestables», qui peuvent pousser, «au-delà des divergences importantes entre les religions» à discerner tout d'abord ce qui les unit (Exhort. apos. Une espérance nouvelle pour le Liban, nn. 13-14).
4. Aucune requête ne s'élève des cœurs humains avec une imploration aussi intense que la requête de la santé. Il ne faut donc pas s'étonner si la solidarité humaine, à tous les niveaux, peut et doit se développer avec une urgence prioritaire dans le cadre de la santé. Il est donc urgent «de réaliser une étude sérieuse et profonde de l'organisation des services de la santé dans ses institutions, avec le souci d'en faire des lieux de témoignage toujours plus grand de l'amour envers les hommes» (Ibid., n. 102).
En ce qui la concerne, la réponse attendue par celui qui souffre doit être modulée en relation avec les conditions du destinataire, qui désire avant toute chose le don d'un partage plein de sollicitude, d'un amour solidaire, d'un dévouement généreux jusqu'à l'héroïsme.
Quelacontemplation du mystère de la paternité de Dieu se transforme en raison d'espérance pour les malades etenécoledesollicitude attentive pour ceux qui en assument l'assistance.
5. Aux malades, de tout âge et de toute condition, aux victimes de handicaps en tout genre, de catastrophes et de tragédies, mon invitation est de s'abandonner entre les bras paternels du Père. Nous savons que la vie nous a été donnée en don par le Père, comme une expression très haute de son amour et qu'elle continue à être son don en toute circonstance. Tous nos choix les plus responsables, dont le but peut parfois nous sembler obscur et incertain en raison de nos limites, doivent être guidés par cette conviction. L'invitation suivante du Psalmiste repose sur cette conviction: «Décharge sur Yahvé ton fardeau et lui te subviendra, il ne peut laisser à jamais chanceler le juste» (Ps 54, 23).
En commentant ces paroles, saint Augustin écrivait: «De quoi te préoccuperas-tu? Pourquoi t'agiteras-tu? Celui qui t'a créé prend soin de toi. Celui qui a eu soin de toi avant que tu n'existes, ne s'occupera-t-il pas de toi, à présent que tu es ce qu'il a voulu que tu sois? Car désormais tu es fidèle, tu marches déjà sur la voie de la justice. Celui qui fait que le soleil se lève sur les bons et les méchants, et qui fait pleuvoir sur les justes et les injustes, n'aura-t-il donc pas soin de toi? Pourra-t-il te négliger, t'abandonner, te laisser seul, toi qui es déjà juste et qui vis dans la foi? Au contraire, il t'avantage, il t'aide, il te donne ce dont tu as besoin, il te protège des adversités. En te faisant des dons, il te console, afin que tu persévères, en te les enlevant, il te corrige afin que tu ne périsses pas; le Seigneur a soin de toi, sois tranquille. Celui qui t'a fait te soutient; ne tombe pas de la main de ton Créateur; si tu tombes de la main de ton Créateur tu te briseras; La bonne volonté t'aide à demeurer entre les mains de celui qui t'a créé [...] Abandonne-toi à Lui, ne crois pas qu'il y ait le vide, comme si tu devais tomber, ne t'imagine pas une chose de ce genre. Il a dit: “Je remplis le ciel et la terre”. Il ne t'abandonnera jamais; ne l'abandonne pas toi non plus, ne t'abandonne pas toi-même» (Enarr. in Psalmos 39, 26, 27: CCL 38, 445).
6. Aux agents du monde de la santé — médecins, pharmaciens, infirmiers, aumôniers, religieux et religieuses administrateurs et volontaires —, appelés par vocation et profession à être les gardiens et les serviteurs de la vie humaine, je montre encore une fois l'exemple du Christ: envoyé par le Père en tant que preuve suprême de son amour infini (cf. Jn 3, 16), il a enseigné à l'homme «à faire du bien par la souffrance et à faire du bien à celui qui souffre», révélant jusqu'au bout «sous ce double aspect, le sens profond de la souffrance» (Lett. apos. Salvifici doloris, n. 30).
A l'école de celui qui souffre, sachez saisir, à travers une sollicitude pleine d'amour, les raisons profondes du mystère de la souffrance. Que la douleur dont vous êtes les témoins serve de mesure à la réponse de dévouement que l'on attend de vous. Et en rendant ce service à la vie, soyez ouverts à la collaboration de tous, car «la question de la vie, de sa défense et de sa promotion n'est pas la prérogative des seuls chrétiens... Il y a assurément dans la vie une valeur sacrée et religieuse, mais en aucune manière on ne peut dire que cela n'interpelle que les croyants» (Lett. enc. Evangelium vitae, n. 101). Et puisque celui qui souffre ne demande que de l'aide, acceptez donc l'aide de tous, lors-qu'elle désire se traduire en réponse d'amour.
7. A la communauté ecclésiale s'adresse mon invitation pressante à faire de l'Année du Père, l'année de la charité réelle, de la charité des œuvres, à travers la pleine participation de toutes les institutions ecclésiales. Saint Ignace d'Antioche écrit aux Ephésiens que la charité est la voie vers Dieu. Foi et charité sont le principe et l'objectif de la vie; la foi est le début, la charité est la fin (cf. PG V, 651). Toutes les vertus accompagnent celles-ci, pour conduire l'homme à la perfection. Pour sa part, saint Augustin enseigne: «Si tu ne peux donc pas lire une par une toutes les pages de l'Ecriture, et que tu ne peux pas dérouler tous les volumes qui contiennent la Parole de Dieu, ni comprendre tous les arcanes de l'Ecriture Sainte, aies la charité dont tout dépend. Ainsi, tu sauras non seulement tout ce que tu y as appris, mais également ce que tu n'as pas encore pu y apprendre» (Sermo 350, 2-3: PL 39, 1534).
8. Que la Vierge Marie, Notre-Dame de Harissa, à travers son exemple sublime, soit en cette Journée mondiale du Malade, aux côtés de tous ceux qui souffrent; qu'elle inspire ceux qui rendent témoignage à la foi chrétienne à travers le service aux malades; qu'elle guide chacun d'une main maternelle vers la Maison du Père de toute miséricorde. Que Marie, qui a veillé sur les douleurs déchirantes du Peuple libanais, suscite dans le monde, à travers l'espérance qui a refleuri sur cette terre, une confiance renouvelée dans le pouvoir de guérison de la charité et, comme des fils égarés, qu'elle nous rassemble tous sous son manteau. Puisse le nouveau millénaire qui va commencer inaugurer une ère de confiance renouvelée dans l'homme, créature très haute de l'amour de Dieu, qui dans l'amour seulement pourra retrouver le sens de sa propre vie et de son propre destin.
Du Vatican, 8 décembre 1998
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Eglise Catholique: JP II pour la 6ème journée mondiale des malades (1998)
Transmis par Beatrix le 21 mars 2005 à 20:41:46 Paris, Madrid (1938 lectures)
Sujet Souffrance
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MESSAGE
DU SAINT PÈRE
POUR LA VI JOURNÉE MONDIALE DU MALADE
11 février 1998
Bien chers Frères et Sœurs,
1. La célébration de la prochaine Journée Mondiale du Malade, le 11 février 1998, se tiendra auprès du Sanctuaire de Lorette. Le lieu retenu, rappelle le moment où le Verbe s'est fait chair dans le sein de la Vierge Marie par l'opération du Saint Esprit, et nous invite à fixer le regard sur le mystère de l'Incarnation.
Lors de mes pèlerinages répétés à ce "premier Sanctuaire de portée internationale consacré à la Vierge, et durant des siècles, véritable cœur marial de la chrétienté" ( Lettre à Mgr Pascal Macchi, Délégué Pontifical du Sanctuaire de Lorette, 15 août 1993), j'ai toujours été éprouvé une proximité particulière des malades, qui accourent ici, nombreux et confiants. " Où pourraient-ils, du reste, être mieux accueillis, que dans la maison de Celle, que les « litanie lauretane » nous font invoquer comme « santé des infirmes » et « consolatrice des affligés » ?" (Ib.).
Le choix de Lorette est donc en harmonie avec la longue tradition de l'attention affectueuse de l'Église envers tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme. Ce qui ne manquera pas de raviver la prière que les fidèles, confiants dans l'intercession de la Vierge Marie, font monter vers le Seigneur en faveur des malades. Cet important rendez-vous offre aussi à la Communauté ecclésiale l'occasion de s'arrêter dans le recueillement devant la "Sainte Maison", icône de l'événement et du mystère fondamental de l'Incarnation du Verbe, pour s'ouvrir à la lumière et à la force de l'Esprit qui transforme le cœur de l'homme en une demeure d'espérance.
2. "Et le Verbe s'est fait chair " (Jn 1, 14). Au Sanctuaire de Lorette, plus que partout ailleurs, s'intériorise le sens profond de ces paroles de l'évangéliste Jean. Dans les murs de la Sainte Maison, très fortement, Jésus-Christ, " Dieu avec nous" nous parle de l'amour du Père (cf. Jn 3, 16), qui a trouvé sa plus haute manifestation dans l'Incarnation rédemptrice. Dieu, à la recherche de l'homme s'est fait homme Lui-même, jetant un pont entre la transcendance divine et la condition humaine. " Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais, il s'anéantit lui-même.... . obéissant jusqu'à la mort et la mort de la croix" (Ph 2, 6-8). Le Christ n'est pas venu pour nous ôter nos peines mais pour les partager et les assumer, en leur conférant une valeur salvifique : en partageant notre condition humaine, avec ses limites et ses souffrances, Il l'a rachetée. Le salut accompli par Lui, préfiguré dans la guérison des malades, ouvre des horizons d'espérance à ceux qui traversent la dure étape de la souffrance.
3. "Par l'œuvre du Saint Esprit ". Le mystère de l'Incarnation fut l'œuvre de l'Esprit, qui dans la Trinité est la "Personne-amour, le Don incréé, source éternelle de tout don qui provient de Dieu dans l'ordre de la création, le principe direct, et, en un sens, le sujet de la communication que Dieu fait de Lui-même dans l'ordre de la grâce" (Lettre Enc. Dominum et vivificantem, 50). C'est à Lui qu'est consacrée l'année 1998, deuxième de la préparation immédiate au Jubilé de l'An deux mille.
Répandu dans nos cœurs, l'Esprit Saint nous fait percevoir de manière ineffable le "Dieu proche", révélé par Jésus-Christ: " Et la preuve que vous êtes des fils, c'est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père !" (Gal 4, 6). C'est Lui le véritable gardien de l'espérance de tous les êtres humains et, spécialement, de ceux qui "possèdent les prémices de l'Esprit" "dans l'attente de la rédemption de leur corps" ( cf. Rm 8, 23). Dans le cœur de l'homme l'Esprit Saint devient - comme le proclame la Séquence liturgique de la Solennité de la Pentecôte - le véritable "père des pauvres, distributeur des dons, lumière des cœurs"; il est "doux hôte de l'âme", "repos" dans la fatigue, " abri " contre la "chaleur" du jour, "réconfort" dans l'inquiétude, dans les luttes et les danger de toute époque.
C'est l'Esprit qui donne au cœur humain la force d'affronter les situations difficiles et de les dépasser.
4. "Dans le sein de la Vierge Marie". En contemplant les murs de la Sainte Maison, il nous semble encore entendre résonner les paroles de la Mère du Seigneur, donnant son consentement et sa coopération au projet salvifique de Dieu : ecce, l'abandon généreux; fiat, la soumission confiante. Devenue pure capacité de Dieu, Marie a fait de sa vie une constante coopération à l'œuvre salvifique de son Fils Jésus.
En cette seconde année de préparation au Jubilé, contemplons Marie et imitons-la, "surtout comme la femme docile à la voix de l'Esprit, femme du silence et de l'écoute, femme d'espérance, qui sut accueillir comme Abraham la volonté de Dieu «en espérant contre toute espérance » (Rm 4, 18) " (Exhort. apost. Tertio millennio adveniente, 48). En se déclarant servante du Seigneur, Marie sait qu'elle se met au service de son amour pour les hommes. Par son exemple, Elle nous permet de comprendre que l'acceptation inconditionnée de la souveraineté de Dieu situe l'homme dans une attitude d'entière disponibilité. De cette façon, la Vierge Marie devient l'icône de l'attention vigilante et de la compassion envers celui qui souffre, Significativement, après avoir écouté avec générosité le message de l'Ange, Elle se rend en hâte pour se mettre au service d'Elisabeth. Plus tard, lors de la situation délicate des noces de Cana, elle recueillera l'appel à venir en aide, devenant ainsi le reflet éloquent de l'amour providentiel de Dieu. Le service de la Sainte Vierge trouvera sa manifestation la plus élevée dans la participation aux souffrances et à la mort du Christ, quand, au pied de la Croix, elle acceptera la mission de Mère de l'Église.
En se tournant vers Elle, Santé des Infirmes, bien des chrétiens, au cours des siècles, ont appris à revêtir de tendresse maternelle leur service d'assistance aux malades.
5. La contemplation du mystère de l'Incarnation, évoqué avec tant de proximité en la Sainte Maison de Lorette, ravive la foi en l'œuvre salvifique de Dieu, qui, en Christ, a libéré l'homme du péché et de la mort et lui a ouvert le cœur à l'espérance de "nouveaux cieux et d'une terre nouvelle" (cf.2 P 3, 13). En un monde déchiré par la souffrance, les contradictions, les égoïsmes et la violence, le croyant vit, parfaitement conscient que " toute la création, jusqu'à ce jour, gémit en travail d'enfantement" (Rm 8, 22), et assume la responsabilité de témoin du Christ ressuscité, par sa parole et par sa vie.
C'est la raison pour laquelle, dans l'Exhortation Apostolique Tertio millennio adveniente, j'ai invité les croyants à mettre en valeur "les signes d'espérance présents en cette fin du siècle, malgré les ombres qui les dissimulent souvent à nos yeux", et à réserver une particulière attention aux "progrès réalisés par la technique et surtout par la médecine au service de la vie humaine" (n. 46). Toutefois, les succès obtenus dans l'éradication des maladies et dans le soulagement des souffrances ne peuvent faire oublier tant de situations où sont méconnues et piétinées la focalisation et la dignité de la personne humaine, comme cela arrive quand la Santé est considérée en termes de lucre et non de service solidaire, quand la famille est laissée seule devant les problèmes de santé ou quand les catégories les plus faibles de la société sont contraintes à supporter les conséquences d'inattentions injustes et de discriminations.
À l'occasion de cette Journée Mondiale du Malade, j'exhorte la Communauté ecclésiale à renouveler l'engagement destiné à transformer la société humaine en une "maison d'espérance", en collaboration avec tous les croyants et les hommes de bonne volonté.
6. Cet engagement requiert que la Communauté ecclésiale vive en communion : que hommes et femmes, là où ils sont à l'écoute de la Parole, en prière et dans la célébration des sacrements, soient "un seul cœur et une seule âme", que s'instaurent parmi eux la solidarité fraternelle et le partage des biens et que se réalise ce que rappelle Saint Paul aux chrétiens de Corinthe : "Un membre souffre-t-il ? Que tous les autres membres souffrent avec lui !" (1 Cor 12, 26).
Alors que se prépare le Grand Jubilé de l'An 2000, l'Église est appelée à intensifier ses efforts pour traduire en projets concrets la communion suggérée par les paroles de l'Apôtre. Les diocèses, les paroisses et toutes les Communautés ecclésiales doivent s'engager à présenter les thèmes de la santé et de la maladie à la lumière de l'Évangile; encourager la promotion et la défense de la vie et de la dignité de la personne humaine, dès l'instant de la conception jusqu'à son terme naturel; concrétiser et rendre visible l'option préférentielle pour les pauvres et les marginaux; parmi ceux-ci, entourer d'attention affectueuse les victimes des nouvelles maladies sociales, les handicapés, les malades chroniques, les mourants, et ceux qui en raison de désordres politiques et sociaux sont contraints à laisser leur terre et à vivre dans des conditions précaires et mêmes inhumaines.
Les communautés qui savent vivre une diaconie authentiquement évangélique, et voir dans le pauvre et le malade "leur Seigneur et Maître", représentent une annonce courageuse de la résurrection et contribuent à renouveler efficacement l'espérance "dans la venue définitive du Royaume de Dieu".
7. Chers malades, dans la Communauté ecclésiale vous est réservée une place spéciale. Votre condition de souffrance et votre désir de recouvrer la santé vous rendent particulièrement sensibles à la valeur de l'espérance. Je confie à l'intercession de la Vierge Marie votre aspiration au bien-être du corps et de l'âme, et je vous encourage à l'éclairer et à l'élever jusqu'à la vertu théologale d'espérance, don du Christ.
C'est l'espérance qui vous aidera à donner un sens nouveau à votre souffrance, en la transformant en une voie de salut, en occasion d'évangélisation et de rédemption. En effet, "la souffrance peut revêtir un sens positif pour l'homme et pour la société elle-même, appelée comme elle est, à devenir une forme de participation à la souffrance salvifique du Christ et à sa joie de Ressuscité, et donc, une force de sanctification et d'édification de l'Église" (Christifideles laici, 54; Lettre Enc. Salvifici doloris, 23). Modelée sur l'expérience du Christ et habitée par l'Esprit, votre expérience de la souffrance proclamera la force victorieuse de la Résurrection.
8. La contemplation de la Sainte Maison nous amène naturellement à nous arrêter sur la Famille de Nazareth, où ne manquèrent pas les épreuves : en une hymne liturgique elle est décrite comme "experte dans l'art de souffrir" (Bréviaire Romain, Office des Lectures en la solennité de la Sainte Famille). Toutefois, cette "sainte et douce demeure" (Ib.) jouissait de la joie la plus limpide.
Je souhaite que de ce foyer arrive à chaque famille humaine, blessée par la souffrance, le don de la sérénité et de la confiance. Tandis que j'invite la Communauté ecclésiale et civile à prendre en charge les situations difficiles dans lesquelles se trouvent de nombreuses familles sur lesquelles pèsent la maladie d'un conjoint, je rappelle que le commandement du Seigneur invitant à visiter les malades est adressé particulièrement aux familles. Accomplie en esprit affectueux de don de soi et soutenu par la foi, la prière et les sacrements, l'assistance des conjoints malades est capable de se transformer en un moyen thérapeutique irremplaçable pour le malade et devenir pour tous une occasion de découverte de précieuses valeurs humaines et spirituelles.
9. J'adresse en ce contexte, une pensée particulière aux personnels de la santé et aux agents de pastorale, professionnels de santé et bénévoles, qui vivent continuellement aux côtés des malades. Je les exhorte à maintenir toujours une haute conception de la tâche qui leur est confiée, sans jamais se laisser intimider par les difficultés et les incompréhensions. S'engager dans le monde de la santé ne signifie pas seulement combattre le mal, mais surtout promouvoir la qualité de la vie humaine. Le chrétien, conscient que la "gloire de Dieu est l'homme vivant", honore Dieu dans le corps humain, sous l'aspect exaltant de la force, de la vitalité et de la beauté, comme sous l'aspect de la fragilité et de la désagrégation. Il proclame toujours la valeur transcendante de la personne humaine, dont la dignité reste intacte même dans l'expérience de la souffrance, de la maladie et du vieillissement. Grâce à la foi en la victoire du Christ sur la mort, il attend avec confiance le moment où le Seigneur "transfigurera notre corps mortel pour le conformer à son corps glorieux, en vertu du pouvoir qu'il a de soumettre à soi toutes les choses" (Ph 3, 21).
À la différence de ceux qui "n'ont pas d'espérance" (cf. I Th 4, 13), le croyant sait que le temps de la souffrance représente une occasion de vie nouvelle, de grâce et de résurrection. Il exprime cette certitude par son engagement thérapeutique, par sa capacité d'accueil et d'accompagnement, par sa participation à la vie du Christ communiquée dans la prière et les sacrements. Prendre soin du malade et du mourant, aider l'homme extérieur qui va se désagrégeant, alors que l'homme intérieur se renouvelle de jour en jour (cf 2 Cor 4, 16), n'est-ce pas cooérer à ce processus de résurrection que le Seigneur a inséré dans l'histoire des hommes par le mystère pascal et qui trouvera son plein accomplissement à la fin des temps ? N'est-ce pas rendre raison de l'espérance (cf 1 P 3, 15) qui nous a été donnée ? En toute larme essuyée, c'est déjà l'annonce des derniers temps, une anticipation de la plénitude finale (cf Ap 21, 4; et Is 25, 8).
Consciente de tout ceci, la Communauté chrétienne s'engage dans l'assistance des malades et dans la promotion de la qualité de la vie, en collaborant avec tous les hommes de bonne volonté. Elle réalise sa délicate mission au service de l'homme dans une confrontation respectueuse et ferme des forces qui expriment des visions morales différentes, et par une contribution effective aux législations concernant l'environnement, le soutien à la distribution équitable des ressources sanitaaires, la promotion d'une plus grande solidarité entre les peuples riches et pauvres (cf Tertio millennio adveniente ,46).
10. À Marie, Consolatrice des affligés, je confie tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme, ainsi que les personnels de santé et toutes les personnes qui se dévouent généreusement au service des malades.
Vers Toi, Vierge de Lorette, en toute confiance nous tournons notre regard.
À Toi, "notre vie, notre douceur, notre espérance" nous demandons la grâce d'être dans l'attente de l'aube du troisième millénaire avec les sentiments qui faisaient vibrer ton cœur, alors que tu attendais la naissance de ton Fils Jésus.
Que ta protection nous libère du pessimisme, et nous fasse entrevoir, au milieu des ombres de notre temps, les traces lumineuses de la présence du Seigneur.
À ta tendresse de Mère, nous confions les larmes, les craintes et les espérances des malades. Que descende sur leurs blessures le baume bienfaisant de la consolation et de l'espérance ! Que leur souffrance, unie à celle de Jésus, se transforme en instrument de rédemption !
Que ton exemple nous guide et fasse de notre existence une louange continuelle à l'amour de Dieu ! Rends-nous attentifs aux besoins des autres, prévenants pour venir en aide au frère souffrant, capables d'accompagner celui qui est seul, constructeurs d'espérance là où se consomment les drames de l'homme.
En toute étape joyeuse ou triste de notre route, avec l'affection d'une mère, montre-nous "ton Fils Jésus, ô clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie".
Amen
Du Vatican, le 29 juin 1997, en la solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul.
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Eglise Catholique: JP II pour la 5ème journée des malades (1997)
Transmis par Beatrix le 21 mars 2005 à 20:36:18 Paris, Madrid (1883 lectures)
Sujet Souffrance
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MESSAGE DU SAINT-PÈRE
POUR LA V JOURNÉE MONDIALE DU MALADE
11 février 1997
1. La prochaine Journée Mondiale du Malade sera célébrée le 11 février 1997 auprès du Sanctuaire de Notre Dame de Fatima, au cœur de la noble Nation portugaise. Le lieu choisi revêt pour moi une signification particulière. C'est là, en effet, que j'ai voulu me rendre en l'anniversaire de l'attentat à ma personne en la Place Saint Pierre pour remercier la divine Providence, dont le dessein insondable avait fait coïncider cet évènement dramatique avec l'anniversaire de la première apparition de la Mère de Jésus, le 13 mai 1917, à la Cova da Iria.
Je suis heureux, qu'à Fatima se déroule la célébration officielle de la Journée du Malade qui me tient particulièrement à cœur. Cette journée offrira à chacun l'occasion de se mettre de nouveau à l'écoute du message de la Vierge, dont l'élément fondamental est "l'appel à la conversion et à la pénitence, comme dans l'Évangile. Cet appel a été formulé au début du vingtième siècle, il s'adresse donc à notre siècle très particulièrement. Il semble que la Dame du message ait su lire, avec une perspicacité particulière, les signes des temps, les signes de notre temps" (Allocution à Fatima, 13 mai 1982, in Insegnamenti, V/2 [1982], p. 1580).
En écoutant la très Sainte Vierge, il nous sera donné de redécouvrir de manière authentique et vivante sa mission dans le mystère du Christ et de l'Église : mission qui se trouve déjà indiquée dans l'Évangile, lorsque Marie sollicite de Jésus le premier de ses miracles, en disant aux serviteurs au cours du repas nuptial à Cana en Galilée " Tout ce qu'il vous dira, faites-le" (Jn 2, 5).À Fatima, Elle s'est fait l'écho d'une parole précise, prononcée par son Fils au début de sa mission publique : " Le temps est accompli...; repentez-vous et croyez à l'Évangile" (Mc 1, 15). L'invitation insistante de la très Sainte Vierge Marie à la pénitence n'est que la manifestation de sa sollicitude maternelle envers la condition de la famille humaine, en demande de conversion et de pardon.
2. À Fatima, Marie se fait également la messagère d'autres paroles de Jésus. À la Cova da Iria, particulièrement, revient en écho l'invitation du Christ : "Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai" (Mt 11, 28). Les foules de pèlerins qui, de toutes les parties du monde, accourent en cette terre bénie ne sont-ils pas un témoignage éloquent du besoin de soulagement et de réconfort éprouvé par tant de personnes dans leur propre vie ?
Les personnes souffrantes, surtout, sont attirées par la perspective du "soulagement" que le Médecin divin est en mesure d'offrir à qui s'adresse à Lui avec confiance. À Fatima, elles trouvent ce soulagement : parfois le soulagement physique, quand, dans sa providence, Dieu accorde la guérison de la maladie; mais plus souvent le réconfort spirituel, quand l'âme inondée par la lumière intérieure de la grâce, trouve la force d'accepter le poids douloureux de la maladie en la transformant, par sa communion au Christ, serviteur souffrant, en instrument de rédemption et de salut pour elle-même et pour ses frères.
La voie à suivre, en ce chemin douloureux, nous est indiquée par la voix maternelle de Marie qui, depuis toujours, au cours de l'histoire et de la vie de l'Église, mais tout particulièrement à notre époque, continue à redire ces paroles : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le".
3. La Journée Mondiale du Malade est donc une précieuse occasion pour écouter de nouveau et accueillir l'exhortation de la Mère de Jésus à qui, au pied de la Croix, fut confiée l'humanité (cf Jn 19, 25-27). Cette Journée se situe au cours de la première année du triduum préparatoire au Grand Jubilé de l'An 2000 : année complètement consacrée à la réflexion sur le Christ. Et précisément cette réflexion sur le caractère central du Christ " ne peut être séparée de la reconnaissance du rôle joué par sa très Sainte Mère... Marie, en effet, montre constamment son divin Fils et se propose à tous les croyants comme modèle de la foi vécue" (Lett. Ap. Tertio millenio adveniente, n.43).
L'exemplarité de Marie trouve son expression la plus élevée dans l'invitation à porter son regard sur le Crucifix pour apprendre de Lui, qui a assumé totalement la condition humaine et s'est chargé librement de nos souffrances en s'offrant au Père comme victime innocente pour nous les hommes et pour notre salut " avec une violente clameur et des larmes" (He 5, 7). Il a ainsi racheté la souffrance, en la transformant en un don d'amour salvifique.
4. Très chers Frères et Sœurs, qui souffrez dans votre esprit et dans votre corps, ne cédez pas à la tentation de considérer la douleur comme une expérience purement négative, au point de douter de la bonté de Dieu. Dans le Christ souffrant, tout malade trouve le sens de ses propres suffrances. La souffrance et la maladie sont propres à la condition de l'homme, créature fragile et limitée, marquée depuis sa naissance par le péché originel. Dans le Christ, mort et ressuscité, l'humanité découvre une nouvelle dimension de sa souffrance : au lieu d'être un échec, elle se révèle comme l'occasion d'offrir un témoignage de foi et d'amour.
Bien chers Malades, sachez découvrir dans l'amour " le sens salvifique de votre douleur et les réponses valables à toutes vos interrogations" (Lett. Ap. Salvifici doloris, n. 31). Votre mission est une mission de très grand prix pour l'Église et pour la société. " Vous qui portez le poids de la souffrance vous êtes au premier rang, parmi ceux que Dieu aime. Comme à tous ceux qu'Il rencontrait sur les routes de Palestine, Jésus vous a accordé un regard plein de tendresse; son amour ne nous abandonnera jamais" (Discours aux blessés de la vie, Tours, 21 septembre 1996, 2, in L'Osservatore Romano 23/24 septembre 1996, p. 4). De cet amour privilégié, sachez être des témoins généreux par le don de votre souffrance, qui a tant de pouvoir pour le salut du genre humain.
Dans une société comme la nôtre, qui veut construire l'avenir à partir du bien-être et des biens de consommation, qui évalue tout en fonction de l'efficience et du profit, comme la maladie et la souffrance ne peuvent être niées, ou bien on les éloigne ou bien on les vide de sens, dans l'illusion d'en triompher avec les seuls moyens offerts par le progrès de la science et de la technique.
La maladie et la souffrance demeurent une limite et une épreuve pour l'esprit humain, ceci est hors de doute. À la lumière de la Croix du Christ, toutefois, elles apparaissent comme un temps privilégié pour croître dans la foi et un moyen précieux pour contribuer à la réalisation du projet divin de salut, en union au Christ Rédempteur,
5. Dans la page évangélique relative au jugement dernier, quand " le Fils de l'Homme viendra dans sa gloire avec tous ses anges" (Mt 25, 31) sont indiqués les critères à partir desquels sera prononcée la sentence. C'est notoire, ils sont résumés dans la solennelle affirmation qui conclut : " En vérité, je vous le dis : dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait" (Mt 25, 40). Parmi ces " plus petits de mes frères" il y a les malades (cf Mt 25, 36), souvent seuls et en marge de la société. Sensibiliser l'opinion publique à leur encontre est une des fins principales de la célébration de la Journée Mondiale du Malade : être proche de celui qui souffre pour qu'il sache mettre à profit sa propre souffrance, grâce à l'aide des personnes qui sont à ses côtés pour lui procurer leurs soins et l'assister, voilà l'objectif que rappelle cette Journée.
À la suite de Jésus, nous devons approcher l'homme qui souffre comme de "bons samaritains". Nous devons apprendre à "servir dans les hommes le Fils de l'Homme" selon les paroles du Bienheureux Luigi Orione (cf Écrits 57, 104). Nous devons savoir regarder avec compassion les souffrances de nos propres frères, sans "passer outre", nous faisant leur "prochain", nous arrêtant auprès d'eux, nous mettant avec amour au service de la santé intégrale de leur personne. Une société se qualifie par le regard qu'elle porte sur les personnes souffrantes et sa manière de se comporter à leur égard.
Trop d'humains, dans le monde où nous vivons, sont exclus de l'amour de la communauté familiale et sociale. En apparaissant à Fatima à trois pauvres pastoureaux pour en faire les annonciateurs du message évangélique, la très Sainte Vierge a renouvelé son Magnificat de libération, en se faisant la voix "de ceux qui n'acceptent pas passivement les circonstances contraires de la vie personnelle et sociale et qui ne sont pas victimes d'"aliénation" comme on dit aujourd'hui, mais qui proclament avec Elle que Dieu est le défenseur des humbles, et s'il le faut, qui dépose les potentats de leurs trônes" (Homélie au Sanctuaire de Zapopan, 30 janvier 1979, 4m in Insegnamenti, II/1 [1979], P. 295).
6. En cette circonstance, je tiens à renouveler mon appel aux responsables de la chose publique, aux organisations sanitaires internationales et nationales, aux personnels de la santé, aux associations de bénévolat et à tous les hommes de bonne volonté, afin qu'ils s'engagent aux côtés de l'Église qui en adhérant au Christ entend annoncer l'Évangile à travers le témoignage de leur service aux personnes souffrantes.
Que la Vierge très Sainte, qui a essuyé tant de larmes à Fatima, nous aide tous à transformer cette Journée Mondiale du Malade en un moment percutant de "nouvelle évangélisation" !
Avec ces souhaits, alors que j'invoque la maternelle protection de Marie, Mère du Seigneur et notre Mère, sur les initiatives mises en œuvre à l'occasion de cette Journée, je vous accorde volontiers à vous tous, chers malades, à vos familles, aux personnels soignants, aux bénévoles et à tous ceux qui vous accompagnent dans votre souffrance dans un esprit de solidarité mon affectueuse Bénédiction.
Du Vatican, le 18 octobre 1996
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