Le professeur Ian Wilmut du Roslin Institute
d'Edimbourg et "père" scientifique de la brebis clonée Dolly,
vient d'annoncer qu'il abandonnait ses recherches sur le clonage, au profit de
la production de cellules souches sans embryon, a indiqué le Daily Telegraph
du week-end dernier.
Il renonce donc à exploiter la licence qu'il a obtenue, il y a 2
ans, pour cloner des embryons humains et souhaite désormais se rallier aux
recherches du professeur Shinya Yamanaka, de l'université de Tokyo qui, en août
2006, avait réussi à créer des cellules souches adultes pluripotentes à partir
de cellules de la peau de souris auxquelles il avait ajouté 4 gènes
(cf
synthèse de presse du 08/06/07). Ces cellules dites "IPS", aux
pouvoirs similaires à ceux des cellules souches embryonnaires, évitent le
recours à des ovules et la destruction des embryons. Elles pourraient également
déboucher sur la mise au point de thérapies cellulaires.
Depuis, ce travail a été confirmé par 3 équipes américaines et
des essais auraient été réalisés avec des cellules humaines par le professeur
Yamanaka. Demain, mardi 20 novembre, une nouvelle étude sur ces travaux sera
publiée dans le journal scientifique américain Cell.
A l'annonce de ces résultats, l'équipe de Ian Wilmut a estimé
que ces recherches avaient plus d'avenir que l'utilisation d'embryons. Ian
Wilmut lui même explique : "le travail qui nous est décrit du Japon
utilise une technique de modifications des cellules directement d'un malade, en
cellules souches, sans passer par un embryon cloné".
"Le travail de Yamanaka, véritable révolution
scientifique, prouve qu'il est possible de reprogrammer des cellules adultes
ordinaires et montre que la plasticité des cellules est beaucoup plus grande
qu'on ne le pensait", explique Jean-Claude Ameisen, président du
comité éthique de l'Inserm. "Avec cette technique, on ne peut plus dire
: "il n'y a pas moyen de faire autrement", conclut-il.
Article publié dans genethique.org
le 19/11/07